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Unité : Les années de La Mecque et la Hijra
L'Abyssinie, le boycott, l'année de la tristesse, Ta'if, puis le voyage nocturne.
L'Abyssinie. Pour protéger les plus menacés, le Prophète ﷺ permit à un groupe de musulmans de partir en Abyssinie (l'Éthiopie d'aujourd'hui), où régnait un roi chrétien, le Négus, connu pour sa justice. Quraysh envoya des émissaires pour les faire revenir. Ja'far ibn Abi Talib expliqua alors au roi ce qu'était l'islam et récita le début de la sourate Maryam (19). Le Négus refusa de livrer les musulmans. (Récit rapporté par Oumm Salama, Mousnad Aḥmad 1740 [À VÉRIFIER])
Le boycott. Quraysh décida ensuite de ne plus commercer ni se marier avec le clan du Prophète ﷺ, les Banou Hachim, qui le protégeaient. Selon la plupart des historiens, ce boycott dura environ trois ans, dans une vallée près de La Mecque, avec la faim et la maladie.
L'année de la tristesse. Peu après la fin du boycott, deux grandes pertes : la mort de Khadija, son épouse et premier soutien, puis celle de son oncle Abou Talib, qui l'avait protégé. On appelle souvent cette année « l'année de la tristesse ».
Ta'if. Le Prophète ﷺ se rendit à Ta'if, une ville voisine, pour y appeler à l'islam. Les chefs le rejetèrent et firent jeter des pierres contre lui. Plus tard, il raconta que l'ange des montagnes lui avait proposé d'écraser la ville entre deux montagnes. Il répondit : « J'espère plutôt qu'Allah fera sortir de leur descendance des gens qui adoreront Allah seul, sans rien Lui associer. » (Bukhari 3231, Muslim 1795)
Le voyage nocturne. Dans cette période difficile, Allah honora Son Prophète ﷺ par le voyage nocturne (al-Isra') de La Mecque à Jérusalem, puis l'ascension (al-Mi'raj) à travers les cieux : سُبْحَانَ الَّذِي أَسْرَىٰ بِعَبْدِهِ لَيْلًا « Gloire à Celui qui a fait voyager de nuit Son serviteur » (sens d'un extrait du verset 17:1). C'est lors de ce voyage que furent prescrites les cinq prières quotidiennes (Bukhari 349, Muslim 162 [À VÉRIFIER : numéro Muslim]). La date exacte de ce voyage est discutée par les historiens.
Ce qu'on retient : après la perte, le rejet et la fatigue, le Prophète ﷺ n'a pas répondu par la colère, et Allah lui a ouvert une porte.
Et toi ? Face à quelqu'un qui t'a blessé, la réponse du Prophète ﷺ à Ta'if est-elle facile à suivre ? Qu'est-ce qui pourrait t'aider à espérer du bien pour l'autre plutôt que du mal ?
Comprendre la leçon
Explication Ces années forment une suite d'épreuves : l'exil d'une partie des musulmans, le boycott, la perte de Khadija et d'Abou Talib, le rejet de Ta'if. Les comprendre ensemble aide à voir comment le Prophète ﷺ a traversé la difficulté.
L'Abyssinie montre que la justice peut se trouver là où on ne l'attend pas : des musulmans ont trouvé la sécurité auprès d'un roi chrétien juste. Et quand Ja'far a présenté l'islam, il a parlé de ce que l'islam avait changé dans leur comportement : la vérité, la fidélité, le respect des voisins.
Pendant le boycott, des membres du clan des Banou Hachim qui n'étaient pas musulmans ont tout de même partagé la faim du Prophète ﷺ pour le protéger. La solidarité familiale a joué son rôle.
Le Prophète ﷺ a été triste, vraiment triste, après la mort de Khadija et d'Abou Talib. La tristesse n'est pas un manque de foi. Plus tard, à la mort de son fils Ibrahim, il a dit : « Les yeux pleurent, le cœur s'attriste, et nous ne disons que ce qui plaît à notre Seigneur. » (Bukhari 1303)
À Ta'if, au moment où il aurait pu demander la punition, il a choisi d'espérer pour les générations futures. Et, quelques années plus tard, les gens de Ta'if sont effectivement devenus musulmans. Puis est venu le voyage nocturne, avec le cadeau des cinq prières. Allah dit : « À côté de la difficulté, il y a une facilité » (sens de 94:5-6).
Les leçons à en tirer • Être triste après une perte est humain ; on peut pleurer sans perdre confiance en Allah. • Répondre au mal par l'espoir et l'invocation demande de la force, et c'est souvent ce qui change les cœurs avec le temps. • La justice et la solidarité peuvent venir de personnes qui ne partagent pas notre religion : on les reconnaît et on les remercie. • La prière est un refuge offert dans les moments les plus durs : on y revient quand tout semble fermé.
À retenir • Des musulmans ont trouvé refuge en Abyssinie, auprès du Négus. • Le boycott a duré environ trois ans ; puis vint « l'année de la tristesse » (mort de Khadija et d'Abou Talib). • Après Ta'if, Allah a honoré Son Prophète ﷺ par l'Isra' et le Mi'raj, où les cinq prières furent prescrites.
Le message principal Après la perte et le rejet, le Prophète ﷺ a choisi l'espoir plutôt que la vengeance, et Allah lui a ouvert une porte : la facilité accompagne la difficulté.
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