Bagdad fut fondée en 762 par le calife abbasside al-Mansûr et devint un grand centre du savoir. Sous les califes, notamment al-Ma'mûn (règne 813-833), des savants se réunirent dans ce que l'on appelle la Maison de la sagesse (Bayt al-Hikma) pour rassembler, traduire et discuter des livres de sources grecques, persanes, indiennes et syriaques. L'un des principaux traducteurs fut Hunayn ibn Ishâq (environ 809-873), un médecin chrétien qui dirigea une équipe traduisant des œuvres médicales et philosophiques vers l'arabe et le syriaque. Cela montre que le mouvement fut un effort savant partagé, financé et protégé par l'État, où des savants de communautés différentes travaillaient ensemble. Traduire n'était pas copier : les savants vérifiaient, corrigeaient et prolongeaient ce qu'ils recevaient, et écrivaient de nouveaux livres. Les historiens débattent encore de l'organisation exacte de la Maison de la sagesse, et l'image d'un bâtiment unique ne doit pas être poussée trop loin, mais le mouvement de traduction lui-même est bien documenté.