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Unité : La qalqala, les lettres lourdes et la pratique
On repère, verset par verset, les règles apprises dans trois sourates que l'on récite souvent.
Place à la pratique. Ouvrez votre mushaf (ou la page Coran du site) aux sourates 112, 113 et 114. Pour chaque verset, lisez d'abord seul, puis vérifiez avec les remarques ci-dessous, puis écoutez la récitation.
Sourate Al-Ikhlas (112) • 112:1 : lam d'Allah lourd dans هُوَ اللَّهُ (après une fatha) ; qalqala à l'arrêt sur أَحَدٌ. Si l'on enchaîne أَحَدٌ avec le verset suivant sans s'arrêter, une règle particulière s'applique : votre enseignant vous la fera entendre. Pour l'instant, arrêtez-vous à la fin de chaque verset. • 112:2 : lam d'Allah lourd au début du verset ; qalqala à l'arrêt sur الصَّمَدُ. • 112:3 : izhar de la mim sakina dans لَمْ يَلِدْ ; deux qalqala (يَلِدْ, puis يُولَدْ à l'arrêt). • 112:4 : idgham sans ghounna dans يَكُن لَّهُ (noun sakina puis ل) ; izhar du tanwin devant ء dans كُفُوًا أَحَدٌ ; qalqala à l'arrêt.
Sourate Al-Falaq (113) • 113:1 : ra lourd dans بِرَبِّ (il porte une fatha) ; qalqala à l'arrêt sur الْفَلَقِ. • 113:2 : ikhfa dans مِن شَرِّ (noun sakina puis ش) ; qalqala à l'arrêt sur خَلَقَ. • 113:3 : ikhfa dans وَمِن شَرِّ ; izhar du tanwin dans غَاسِقٍ إِذَا (suivi de ء) ; qalqala à l'arrêt sur وَقَبَ. • 113:4 : ikhfa dans وَمِن شَرِّ ; ghounna sur la noun avec chadda dans النَّفَّاثَاتِ ; qalqala à l'arrêt sur الْعُقَدِ. • 113:5 : ikhfa dans وَمِن شَرِّ ; izhar du tanwin dans حَاسِدٍ إِذَا ; qalqala à l'arrêt sur حَسَدَ.
Sourate An-Nas (114) • 114:1 à 114:3 : ghounna sur la noun avec chadda dans النَّاسِ ; ra lourd dans بِرَبِّ ; madd à l'arrêt sur النَّاسِ (2, 4 ou 6 temps, la même durée à chaque verset). • 114:4 : ikhfa dans مِن شَرِّ ; ghounna dans الْخَنَّاسِ. • 114:6 : ghounna sur la noun avec chadda dans الْجِنَّةِ.
Vous voyez : quelques règles reviennent sans cesse (ikhfa de مِن شَرِّ, qalqala à l'arrêt, madd à l'arrêt). Les maîtriser dans ces trois sourates, c'est déjà améliorer chacune de vos prières.
Comprendre les sourates : Al-Ikhlas, Al-Falaq et An-Nas
Bien réciter, c'est aussi savoir ce que l'on dit. Voici le sens de ces trois sourates, que l'on récite chaque soir et dans de nombreuses prières.
1. Explication Al-Ikhlas (112). Le Prophète ﷺ reçoit l'ordre de dire qui est Allah. 112:1 : Il est Un (aḥad), seul digne d'adoration. 112:2 : Aṣ-Ṣamad, le Maître parfait dans Ses attributs, vers qui toutes les créatures se tournent pour leurs besoins, Lui qui n'a besoin de personne. 112:3 : Il n'a ni engendré ni été engendré. 112:4 : rien dans Sa création ne Lui est égal. La sourate tient son nom de l'effet qu'elle produit : elle rend la foi pure (ikhlâṣ) de toute association ; le Prophète ﷺ a dit qu'elle équivaut au tiers du Coran (Bukhari 5013). Al-Falaq (113). On cherche refuge auprès du Seigneur de l'aube (113:1) contre le mal de toute créature nuisible (113:2), puis contre trois maux nommés : la nuit quand elle s'assombrit, moment où sortent bêtes nuisibles et malfaiteurs (113:3) ; la sorcellerie, « celles qui soufflent sur les nœuds » (113:4), qui ne nuit que par la permission d'Allah (sens de 2:102) ; l'envieux lorsqu'il passe à l'acte (113:5). An-Nas (114). On cherche refuge auprès d'Allah sous trois noms : Seigneur des gens (Rabb, Celui qui crée et pourvoit), Roi des gens (Malik, qui dispose d'eux comme Il veut), Dieu des gens (Ilâh, seul adoré) (114:1-3). Contre un seul mal : le waswâs al-khannâs (114:4), le tentateur qui souffle le mal dans les cœurs quand l'homme oublie Allah (114:5), et recule quand il L'évoque ; il peut être djinn ou humain (114:6). Al-Falaq et An-Nas forment « al-mou'awwidhatân » ; le Prophète ﷺ a dit, à leur révélation, que l'on n'avait jamais vu de versets pareils (Muslim 814) [À VÉRIFIER : numéro]. On remarque que la première protège surtout contre des maux extérieurs, la seconde contre un mal intérieur, qui touche la foi : trois noms d'Allah y sont invoqués pour un seul mal.
2. Les leçons à en tirer • Le tawḥîd est la base : savoir qui l'on adore précède tout le reste. • Le recours se fait auprès d'Allah seul, sans amulettes ni porte-bonheur. • La jalousie est un mal : quand on voit un bienfait chez autrui, on invoque la bénédiction pour lui (« bârak Allâhou lak »). • Le dhikr est la protection du cœur : le tentateur recule quand on se souvient d'Allah. • Le mal peut aussi venir des gens : on choisit ses fréquentations et l'on prend garde à ne pas soi-même inciter au mal.
3. À retenir • Al-Ikhlas : Allah est Un, parfait, sans besoin, sans égal. • Al-Falaq : protection contre les maux extérieurs ; An-Nas : contre les suggestions du cœur. • Le soir, le Prophète ﷺ récitait les trois, soufflait dans ses mains et les passait sur son corps (Bukhari 5017).
4. Le message de ces sourates Al-Ikhlas : connaître Allah tel qu'Il est, Unique et sans égal, c'est le fondement de la foi. Al-Falaq et An-Nas : Allah seul est le refuge, contre le mal du dehors comme contre celui du dedans.
Source : Al-Mukhtasar fî tafsîr al-Qur'ân (traduction française), avec des points connus des tafsirs d'Ibn Kathîr et d'As-Sa'dî.
Récitez L'aube naissante, versets 1 à 5
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