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Unité : La Mecque : de la naissance à la Hijra
L'appel sur As-Ṣafâ, l'opposition de Qouraych, les croyants torturés (Bilâl, la famille de Yâsir), l'émigration en Abyssinie et le Négus, et les trois années de boycott.
L'appel sur As-Ṣafâ Quand fut révélé « Et avertis tes proches parents » (verset 26:214, ci-dessous), le Prophète ﷺ monta sur la colline d'As-Ṣafâ et appela les clans de Qouraych. Quand ils furent réunis, il demanda : « Si je vous disais qu'une cavalerie arrive dans la vallée pour vous attaquer, me croiriez-vous ? » Ils répondirent : « Nous ne t'avons jamais connu mentir. » Il dit : « Alors je vous avertis d'un châtiment terrible. » Son oncle Abou Lahab répondit : « Que tu périsses ! Est-ce pour cela que tu nous as réunis ? » Et Allah révéla la sourate Al-Masad (Bukhari 4770, Muslim 208).
Pourquoi Qouraych s'opposa Les chefs de Qouraych ne craignaient pas seulement pour leurs idoles. L'islam remettait en cause leur pouvoir (l'égalité entre le maître et l'esclave), leur commerce (les pèlerins venaient pour les idoles) et la religion de leurs ancêtres. Ils essayèrent d'abord la moquerie (« poète », « magicien », « fou »), puis les offres (argent, pouvoir, mariage), puis les menaces, et enfin la violence.
Les croyants torturés • Bilâl ibn Rabâḥ, esclave d'Oumayya ibn Khalaf, était allongé sur le sable brûlant, une pierre sur la poitrine ; il répétait : « Aḥad, Aḥad » (Un, Un). Abou Bakr l'acheta et l'affranchit (Ibn Hichâm). • Yâsir, sa femme Soumayya et leur fils 'Ammâr furent torturés. Soumayya fut tuée par Abou Jahl : elle est la première martyre de l'islam. Le Prophète ﷺ leur disait : « Patience, famille de Yâsir, votre rendez-vous est le Paradis » [À VÉRIFIER : référence]. • Khabbâb ibn al-Aratt vint se plaindre ; le Prophète ﷺ lui rappela que des croyants avant eux avaient été sciés en deux sans renoncer, et ajouta : « Mais vous êtes pressés » (Bukhari 3612). Le Prophète ﷺ lui-même fut insulté, on jeta sur son dos des entrailles de chamelle pendant qu'il était prosterné (Bukhari 240, Muslim 1794) ; mais il était protégé par son oncle Abou Ṭâlib.
L'émigration en Abyssinie Vers la cinquième année de la prophétie, le Prophète ﷺ conseilla à des croyants de partir en Abyssinie (l'Éthiopie actuelle), auprès d'un roi chrétien juste, le Négus (An-Najâchî). Un premier groupe partit, puis un second plus grand, d'environ quatre-vingts personnes [À VÉRIFIER : nombres]. Qouraych envoya deux délégués avec des cadeaux pour les faire revenir. Le Négus écouta les deux parties. Ja'far ibn Abî Ṭâlib décrivit la Jâhiliyya, puis ce que l'islam avait apporté : la vérité, la fidélité, les liens de parenté, le bon voisinage. Il récita le début de la sourate Maryam ; le Négus pleura et refusa de livrer les musulmans (rapporté par Aḥmad) [À VÉRIFIER : numéro]. À sa mort, le Prophète ﷺ fit la prière funéraire pour lui à Médine (Bukhari 1245, Muslim 951).
Le boycott Ḥamza, l'oncle du Prophète ﷺ, puis 'Oumar ibn al-Khaṭṭâb embrassèrent l'islam, ce qui renforça les croyants. Qouraych décida alors de boycotter les Banoû Hâchim et les Banoû l-Mouṭṭalib : ni commerce, ni mariage avec eux. Ils furent enfermés dans le ravin d'Abou Ṭâlib pendant environ trois ans, au point de manger des feuilles [À VÉRIFIER : durée]. Le boycott prit fin quand des hommes de Qouraych eux-mêmes eurent honte de cette injustice.
Exercice : pensez à une personne de votre entourage qui traverse une difficulté à cause de sa foi ou de ses principes. Comment pouvez-vous être pour elle ce qu'Abou Bakr a été pour Bilâl ?
Le texte : sourate Ach-Chou'arâ' (26), verset 214 وَأَنْذِرْ عَشِيرَتَكَ الْأَقْرَبِينَ ﴿٢١٤﴾
Sens : « Et avertis tes proches parents. » Après trois ans d'appel discret, cet ordre ouvre l'appel public : le Prophète ﷺ commence par sa propre famille et sa propre tribu.
Texte arabe : Tanzil Quran Text (Simple, version 1.0.2), © 2008-2010 Tanzil.net, licence Creative Commons Attribution 3.0, reproduit sans modification (http://tanzil.net). Chaque verset est sur sa ligne, suivi de son numéro ; la basmala, que le fichier Tanzil place au début du premier verset, est écrite sur sa propre ligne.
Comprendre la leçon
Explication L'appel sur As-Ṣafâ commence par une question habile : le Prophète ﷺ fait d'abord reconnaître à Qouraych qu'il n'a jamais menti. Sa vie passée devient la preuve de son message. Les savants y voient une règle de la prédication : la crédibilité se construit avant la parole. La persécution n'a pas touché tout le monde de la même façon : les esclaves et les faibles, sans clan pour les protéger, ont le plus souffert. Le Prophète ﷺ ne pouvait pas toujours les défendre ; il leur donnait la patience et l'espérance du Paradis. Sa réponse à Khabbâb, « vous êtes pressés », enseigne que la victoire d'Allah vient à Son heure. L'Abyssinie montre une autre sagesse : chercher la protection d'un dirigeant juste, même non musulman. Le discours de Ja'far est un modèle : il présente l'islam par ses valeurs (vérité, fidélité, liens de parenté) que le Négus pouvait reconnaître. Et la prière funéraire sur le Négus montre la fidélité du Prophète ﷺ envers ceux qui ont fait du bien. Le boycott montre enfin que la solidarité familiale peut protéger : les Banoû Hâchim non musulmans ont souffert avec les musulmans, par loyauté envers le Prophète ﷺ.
Les leçons à en tirer • Gagner la confiance des gens par une vie honnête avant de les appeler. • Être patient dans l'épreuve, sans se presser de voir le résultat. • Aider concrètement ceux qui souffrent pour leur foi, comme Abou Bakr avec Bilâl. • Reconnaître la justice partout où elle se trouve, et en être reconnaissant. • Présenter l'islam par ses valeurs, avec sagesse.
À retenir • 26:214 : « avertis tes proches » ; As-Ṣafâ (Bukhari 4770, Muslim 208). • Bilâl : « Aḥad, Aḥad » ; Soumayya, première martyre. • Bukhari 3612 : « vous êtes pressés ». • L'Abyssinie et le Négus ; Ja'far ; Bukhari 1245, Muslim 951. • Le boycott dans le ravin d'Abou Ṭâlib, environ trois ans.
Le message principal La vérité a coûté cher aux premiers croyants, mais ils ont tenu par la patience et la solidarité : soyez constant, et soutenez ceux qui souffrent pour leur foi.
Carte 1 sur 6
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