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Unité : Donner : bénéficiaires, zakât al-fiṭr, ṣadaqa et waqf
Les huit catégories du verset 9:60 expliquées une à une, ceux qui ne peuvent pas recevoir la zakât (proches parents, conjoint, riches), les questions pratiques au Canada : donner à un organisme, envoyer à l'étranger, reçus fiscaux.
Le texte : sourate At-Tawba (9), verset 60 ۞ إِنَّمَا الصَّدَقَاتُ لِلْفُقَرَاءِ وَالْمَسَاكِينِ وَالْعَامِلِينَ عَلَيْهَا وَالْمُؤَلَّفَةِ قُلُوبُهُمْ وَفِي الرِّقَابِ وَالْغَارِمِينَ وَفِي سَبِيلِ اللَّهِ وَابْنِ السَّبِيلِ ۖ فَرِيضَةً مِنَ اللَّهِ ۗ وَاللَّهُ عَلِيمٌ حَكِيمٌ ﴿٦٠﴾
Sens : « Les aumônes (obligatoires) sont seulement pour les pauvres, les nécessiteux, ceux qui y travaillent, ceux dont les cœurs sont à gagner, l'affranchissement des esclaves, ceux qui sont endettés, dans le chemin d'Allah, et pour le voyageur : c'est une obligation venant d'Allah, et Allah est Savant et Sage. » Le mot « innamâ » (seulement) limite la zakât à ces huit catégories : on ne peut pas la donner ailleurs, même pour une bonne cause.
Texte arabe : Tanzil Quran Text (Simple, version 1.0.2), © 2008-2010 Tanzil.net, licence Creative Commons Attribution 3.0, reproduit sans modification (http://tanzil.net). Chaque verset est sur sa ligne, suivi de son numéro ; la basmala, que le fichier Tanzil place au début du premier verset, est écrite sur sa propre ligne.
Les huit catégories, une à une 1. Les pauvres (al-fouqarâ') et 2. les nécessiteux (al-masâkîn). Les écoles les définissent un peu différemment : pour les chafi'ites et les hanbalites, le pauvre n'a pas même la moitié de ce dont il a besoin, le nécessiteux en a plus de la moitié mais pas assez ; pour les hanafites, c'est l'inverse, ou le pauvre est celui qui possède moins que le nisâb [À VÉRIFIER : définitions]. Au Canada : une famille dont le revenu ne couvre pas le loyer, la nourriture et les besoins de base ; une personne seule sans emploi ; un étudiant sans ressources. Le besoin se juge selon le coût de la vie du lieu. 3. Ceux qui y travaillent (al-'âmiloûna 'alayhâ) : les personnes chargées de collecter et distribuer la zakât, même si elles ne sont pas pauvres. La question de savoir si une association ou un centre peut prélever une part pour ses frais de gestion est discutée ; beaucoup l'acceptent dans une limite raisonnable (souvent jusqu'à un huitième), d'autres la refusent pour des organismes qui ne sont pas mandatés par une autorité [À VÉRIFIER : avis du centre et pratique]. 4. Ceux dont les cœurs sont à gagner (al-mou'allafa qouloûbouhoum) : à l'origine, des personnes dont on voulait gagner le cœur à l'islam ou affermir la foi. Beaucoup de savants contemporains y incluent l'aide aux nouveaux musulmans qui ont besoin de soutien [À VÉRIFIER : maintien de cette catégorie selon les écoles]. 5. L'affranchissement des esclaves (fî r-riqâb) : libérer des personnes réduites en esclavage. Certains contemporains y rattachent le rachat de prisonniers musulmans injustement détenus [À VÉRIFIER]. 6. Ceux qui sont endettés (al-ghârimoûn) : une personne qui a contracté une dette pour un besoin licite et ne peut pas la rembourser, ou qui s'est endettée pour réconcilier des gens. On peut payer directement son créancier. Le cas d'une dette avec intérêts (par exemple une carte de crédit) est discuté : beaucoup permettent de payer le capital pour sortir la personne de la dette [À VÉRIFIER]. 7. Dans le chemin d'Allah (fî sabîli llâh) : pour la majorité des anciens, il s'agit de ceux qui combattent dans une armée légitime sans solde. Des savants contemporains l'élargissent à la défense de l'islam par le savoir, à l'enseignement et à la da'wa ; d'autres refusent cet élargissement, pour ne pas faire de la zakât une caisse pour toute œuvre [À VÉRIFIER : présentation des avis]. 8. Le voyageur (ibn as-sabîl) : une personne loin de chez elle, à court d'argent, même si elle est riche dans son pays. Exemples possibles : un voyageur bloqué, certains réfugiés ou demandeurs d'asile qui arrivent sans rien [À VÉRIFIER].
Ceux qui ne peuvent pas recevoir votre zakât • Les riches et les personnes capables de gagner leur vie : « la zakât n'est permise ni pour un riche, ni pour un homme fort et capable de travailler » (Abou Dâwoud 1633) [À VÉRIFIER : numéro et degré]. • Vos ascendants (parents, grands-parents) et vos descendants (enfants, petits-enfants) : vous leur devez déjà l'entretien ; on les aide avec son argent ordinaire. • Votre épouse : le mari lui doit l'entretien. L'inverse est discuté : une épouse peut, selon de nombreux savants, donner sa zakât à son mari pauvre, comme le montre le récit de Zaynab, épouse d'Ibn Mas'oûd (Bukhari 1466, Muslim 1000) [À VÉRIFIER : portée du récit]. • Les autres proches (frères, sœurs, oncles, tantes, cousins) peuvent la recevoir s'ils sont dans le besoin et que vous n'avez pas l'obligation de les entretenir ; c'est même meilleur : une aumône à un proche est « une aumône et un lien de parenté » (At-Tirmidhî 658, An-Nasâ'î 2582) [À VÉRIFIER : numéros]. • La famille du Prophète ﷺ (Banou Hâchim), selon la majorité (Muslim 1072) [À VÉRIFIER : numéro]. • Les non-musulmans : pour la grande majorité, la zakât des biens est réservée aux musulmans (« prise de leurs riches et rendue à leurs pauvres ») ; ils peuvent recevoir la ṣadaqa sans restriction. Certains savants permettent de leur donner au titre des « cœurs à gagner » [À VÉRIFIER]. • Ce qui n'est pas une personne : selon la majorité, on ne construit pas une mosquée, une école ou un hôpital avec la zakât, car la zakât demande que le bénéficiaire en devienne propriétaire (at-tamlîk) ; ces œuvres se financent par la ṣadaqa et le waqf [À VÉRIFIER : avis contemporains élargis].
Questions pratiques au Canada • Faut-il répartir entre les huit catégories ? Pour la majorité (hanafites, malikites, hanbalites), on peut tout donner à une seule catégorie, voire à une seule personne ; pour les chafi'ites, il faut répartir entre les catégories présentes [À VÉRIFIER]. • Donner sur place ou à l'étranger ? Le principe est de donner aux pauvres du lieu où l'on vit ; la plupart permettent d'envoyer ailleurs pour un besoin plus grand (famine, guerre) ou pour des proches dans le besoin [À VÉRIFIER : avis du centre]. • Donner à un organisme : vérifiez qu'il sépare la zakât des autres dons, qu'il la distribue aux catégories du verset 9:60, et qu'il rend des comptes. Au Canada, la liste des organismes de bienfaisance enregistrés est publique (Agence du revenu du Canada). • Les reçus fiscaux : un organisme enregistré peut remettre un reçu pour un don. Beaucoup de savants considèrent que cela n'affecte pas la validité de la zakât, d'autres conseillent la prudence [À VÉRIFIER : avis du centre]. • Vérifier le besoin : on se fie aux apparences raisonnables. Si l'on donne de bonne foi à quelqu'un qui paraissait pauvre et ne l'était pas, la zakât est valide selon de nombreux savants [À VÉRIFIER]. • La dignité : beaucoup de pauvres ne demandent pas (2:273). Les chercher, et donner discrètement.
Le texte : sourate Al-Baqara (2), verset 273 لِلْفُقَرَاءِ الَّذِينَ أُحْصِرُوا فِي سَبِيلِ اللَّهِ لَا يَسْتَطِيعُونَ ضَرْبًا فِي الْأَرْضِ يَحْسَبُهُمُ الْجَاهِلُ أَغْنِيَاءَ مِنَ التَّعَفُّفِ تَعْرِفُهُمْ بِسِيمَاهُمْ لَا يَسْأَلُونَ النَّاسَ إِلْحَافًا ۗ وَمَا تُنْفِقُوا مِنْ خَيْرٍ فَإِنَّ اللَّهَ بِهِ عَلِيمٌ ﴿٢٧٣﴾
Sens : « [Donnez] aux pauvres qui sont retenus dans le chemin d'Allah, qui ne peuvent pas parcourir la terre ; l'ignorant les croit riches parce qu'ils s'abstiennent de demander. Tu les reconnais à leurs traits ; ils ne demandent pas aux gens avec insistance. Et tout bien que vous dépensez, Allah le connaît parfaitement. » Le verset décrit les pauvres les plus dignes d'être aidés : ceux qui ne demandent pas.
Texte arabe : Tanzil Quran Text (Simple, version 1.0.2), © 2008-2010 Tanzil.net, licence Creative Commons Attribution 3.0, reproduit sans modification (http://tanzil.net). Chaque verset est sur sa ligne, suivi de son numéro ; la basmala, que le fichier Tanzil place au début du premier verset, est écrite sur sa propre ligne.
Comprendre la leçon
Explication Allah n'a pas laissé aux gens le soin de décider où va la zakât : Il l'a fixé Lui-même, dans un verset qui commence par « seulement ». C'est une protection : la zakât ne peut pas être détournée vers des projets de prestige, ni vers ceux qui n'en ont pas besoin. Elle va d'abord aux personnes, et les rend propriétaires de ce qu'elles reçoivent. Les huit catégories couvrent trois besoins : le besoin matériel (pauvres, nécessiteux, endettés, voyageurs), la liberté et la dignité (esclaves, prisonniers), et le service de la communauté (ceux qui la gèrent, ceux dont on gagne le cœur, le chemin d'Allah). Plusieurs catégories ont reçu des lectures plus larges ou plus strictes : c'est là que l'avis de l'imam compte. Enfin, le verset 2:273 rappelle que les plus dignes ne sont pas toujours les plus visibles. Celui qui donne cherche, avec discrétion, ceux qui ne demandent pas.
Les leçons à en tirer • Avant de donner, se demander : à quelle catégorie appartient cette personne ? • Commencer par les proches dans le besoin qu'on n'a pas l'obligation d'entretenir. • Choisir un organisme qui sépare la zakât des autres dons et rend des comptes. • Ne pas financer un bâtiment avec la zakât : utiliser pour cela la ṣadaqa ou le waqf. • Chercher les pauvres discrets : étudiants, familles nouvellement arrivées, personnes âgées seules.
À retenir • 9:60 : pauvres, nécessiteux, collecteurs, cœurs à gagner, esclaves, endettés, chemin d'Allah, voyageur. • « Innamâ » : la zakât est réservée à ces huit catégories. • Ne reçoivent pas votre zakât : les riches, vos parents et enfants, votre épouse. • Proches dans le besoin : une aumône et un lien de parenté. • Pas de bâtiment avec la zakât selon la majorité (tamlîk) [À VÉRIFIER].
Le message principal Allah a fixé Lui-même les destinataires de la zakât : donnez-la aux personnes qu'Il a nommées, en commençant par les plus proches et les plus discrets.
Carte 1 sur 6
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