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Unité : Donner : bénéficiaires, zakât al-fiṭr, ṣadaqa et waqf
Après le cours « Ramadan et le jeûne », un approfondissement : la différence avec la zakât des biens, qui la doit et pour qui, la mesure du ṣâ', le débat sur le paiement en argent, le moment et le rôle du centre, avec un exemple pour une famille.
Ce que le cours « Ramadan et le jeûne » a déjà présenté La zakât al-fiṭr est une aumône obligatoire de fin de Ramadan : « Le Messager d'Allah ﷺ a prescrit la zakât al-fiṭr : un ṣâ' de dattes ou un ṣâ' d'orge, sur chaque musulman, libre ou esclave, homme ou femme, petit ou grand, et il a ordonné qu'elle soit donnée avant que les gens ne sortent pour la prière » (Bukhari 1503, Muslim 984). Elle est « une purification pour celui qui a jeûné des paroles vaines et grossières, et une nourriture pour les pauvres » (Abou Dâwoud 1609) [À VÉRIFIER : numéro et degré]. Cette leçon approfondit les questions pratiques sans répéter ce cours.
Deux zakâts différentes • La zakât des biens porte sur la richesse (nisâb, ḥawl, 2,5 %) ; la zakât al-fiṭr porte sur les personnes : elle est due pour chaque personne, même un nouveau-né, quelle que soit la richesse du foyer, dès lors que le foyer a de quoi se nourrir le jour et la nuit de l'Aïd (avis majoritaire). • Pour l'école hanafite, elle n'est due que par celui qui possède le nisâb, au-delà de ses besoins essentiels [À VÉRIFIER : présentation]. • L'une ne remplace pas l'autre : celui qui paie sa zakât des biens pendant le Ramadan doit aussi la zakât al-fiṭr.
Pour qui la paie-t-on ? • Le chef de famille la paie pour lui-même et pour les personnes dont il a la charge : épouse, enfants mineurs, parents à sa charge. • L'épouse : pour la majorité, c'est le mari qui la paie pour elle ; pour l'école hanafite, l'épouse la paie elle-même si elle en a les moyens, le mari pouvant la payer pour elle avec son accord [À VÉRIFIER]. • Les enfants adultes qui ont un revenu la paient eux-mêmes (ou le père pour eux, avec leur accord). • L'enfant à naître : recommandée par beaucoup, pas obligatoire selon la majorité ; 'Outhmân la donnait pour le fœtus, selon un récit rapporté par Ibn Abî Chayba [À VÉRIFIER : référence]. • Un enfant né avant le coucher du soleil du dernier jour de Ramadan : elle est due pour lui selon la majorité [À VÉRIFIER : moment exact selon les écoles].
Le ṣâ' Le ṣâ' est une mesure de volume de Médine, égale à quatre « moudd » (le contenu de deux mains jointes). Les estimations modernes donnent environ 2,0 à 3,0 kg selon l'aliment et la méthode (souvent environ 2,04 kg de blé, ou 2,5 à 3 kg de riz) [À VÉRIFIER : équivalent retenu par le centre]. Les aliments cités dans les hadiths sont les dattes, l'orge, le raisin sec, le fromage séché (aqiṭ) et, dans certains récits, le blé (Bukhari 1506, Muslim 985) [À VÉRIFIER : numéros] ; les savants y joignent l'aliment de base du pays (riz, farine, pâtes…).
En nourriture ou en argent ? C'est la question la plus débattue au Canada. • Écoles malikite, chafi'ite et hanbalite : on la donne en nourriture, comme dans les hadiths ; donner la valeur en argent n'est pas valable, selon leur avis le plus connu. Arguments : le Prophète ﷺ et les compagnons avaient de l'argent et ont pourtant donné de la nourriture ; c'est une adoration fixée. • École hanafite : on peut donner la valeur en argent, et c'est même meilleur si cela répond mieux au besoin du pauvre. Arguments : le but est d'enrichir le pauvre le jour de l'Aïd (« dispensez-les de demander ce jour-là ») [À VÉRIFIER : référence de cette formule], et l'argent permet au pauvre d'acheter ce dont il a besoin. Des savants d'autres écoles, dont Ibn Taymiyya, l'ont permis en cas de besoin ou d'intérêt évident [À VÉRIFIER : attribution]. • Pratique fréquente en Occident : le fidèle donne de l'argent au centre en le mandatant (wakâla) ; le centre, selon son choix, achète de la nourriture et la distribue, ou remet l'argent aux familles. Cette pratique permet de respecter les deux avis selon la façon dont elle est organisée [À VÉRIFIER : pratique exacte du centre]. Le site du centre a une page « Zakât al-fiṭr » qui indique le montant de l'année et la façon de payer.
Quand la donner ? • Le moment de l'obligation : le coucher du soleil du dernier jour de Ramadan (majorité) ou l'aube du jour de l'Aïd (hanafites) [À VÉRIFIER]. • La date limite : avant la prière de l'Aïd. Les compagnons la donnaient un ou deux jours avant (Bukhari 1511). Après la prière, sans excuse, elle compte comme une aumône ordinaire et le retard est une faute ; elle reste due. • L'avance : quelques jours avant pour la majorité, dès le début du Ramadan pour les chafi'ites, et même avant pour les hanafites [À VÉRIFIER]. • Quand on la confie au centre, il faut la lui remettre assez tôt pour qu'il puisse la distribuer avant l'Aïd.
Exemple Le ménage d'Omar et Yasmine a trois enfants, dont un bébé né en milieu de Ramadan. Supposons que le centre annonce 15 $ par personne (montant fictif pour l'exemple). Omar paie pour cinq personnes : 5 × 15 = 75 $, à remettre au centre au plus tard un ou deux jours avant l'Aïd. Si la grand-mère qui vit chez eux est à sa charge, il ajoute 15 $. Leur fils aîné qui travaille et vit seul paie la sienne lui-même.
Le texte : sourate Al-A'lâ (87), versets 14 à 15 قَدْ أَفْلَحَ مَنْ تَزَكَّىٰ ﴿١٤﴾ وَذَكَرَ اسْمَ رَبِّهِ فَصَلَّىٰ ﴿١٥﴾
Sens : « A réussi celui qui s'est purifié, et qui a invoqué le nom de son Seigneur, puis a prié. » Plusieurs anciens, dont 'Oumar ibn 'Abd al-'Azîz, ont lu ces versets comme une allusion à la zakât al-fiṭr (« s'est purifié ») puis à la prière de l'Aïd (« a prié ») [À VÉRIFIER : attribution]. Le mot « tazakkâ » porte la même racine que zakât.
Texte arabe : Tanzil Quran Text (Simple, version 1.0.2), © 2008-2010 Tanzil.net, licence Creative Commons Attribution 3.0, reproduit sans modification (http://tanzil.net). Chaque verset est sur sa ligne, suivi de son numéro ; la basmala, que le fichier Tanzil place au début du premier verset, est écrite sur sa propre ligne.
Comprendre la leçon
Explication La zakât al-fiṭr est différente de la zakât des biens : elle n'est pas un pourcentage de la richesse, mais une part fixe par personne, pour que chaque foyer, même modeste, participe à la fête des autres. Elle relie deux adorations : le jeûne qu'elle purifie, et l'Aïd qu'elle rend joyeux pour tous. La question « nourriture ou argent » est un bon exemple d'une divergence sérieuse et respectable. Les uns s'attachent à la lettre de la Sunna (de la nourriture), les autres à son but (enrichir le pauvre ce jour-là). Au Canada, la pratique la plus fréquente passe par le centre, mandaté pour distribuer au mieux. Le croyant suit l'organisation du centre et respecte ceux qui font autrement. Ce qui n'admet pas de divergence : elle doit arriver aux pauvres avant la prière de l'Aïd.
Les leçons à en tirer • Faire la liste des personnes pour qui vous payez : conjoint, enfants, parents à charge, nouveau-né. • Consulter le montant annoncé par le centre sur la page « Zakât al-fiṭr » du site. • Payer tôt, pour laisser au centre le temps de distribuer avant l'Aïd. • Ne pas confondre la zakât al-fiṭr et la zakât des biens payée pendant le Ramadan. • Respecter les autres pratiques sans en faire un sujet de dispute.
À retenir • Un ṣâ' par personne, avant la prière de l'Aïd (Bukhari 1503, Muslim 984). • Due pour chaque personne du foyer, même le nouveau-né (majorité). • Ṣâ' : environ 2 à 3 kg selon l'aliment [À VÉRIFIER]. • Nourriture : malikites, chafi'ites, hanbalites ; argent permis : hanafites [À VÉRIFIER]. • Les compagnons la donnaient un ou deux jours avant l'Aïd (Bukhari 1511).
Le message principal La zakât al-fiṭr purifie votre jeûne et ouvre l'Aïd à tous : payez-la pour chaque personne de votre foyer, à temps, selon l'organisation du centre.
Carte 1 sur 6
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