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Unité : Gagner et dépenser licitement
Hypothèque, carte de crédit, prêt auto, prêts étudiants, assurances, placements dans un REER ou un CELI, achat maintenant et paiement plus tard : les questions présentées de manière neutre, les principales positions, les instances de fatwa reconnues, et un bilan du cours.
Avant de commencer Cette leçon ne donne pas de fatwa. Elle présente les questions financières les plus fréquentes au Canada, les principales positions des savants contemporains, et les questions à poser. Pour votre cas, la référence est l'imam du centre, qui connaît votre situation, et les instances reconnues [À VÉRIFIER : l'ensemble de la leçon, pour l'imam].
Les instances souvent citées • L'Académie internationale du fiqh islamique (Majma' al-Fiqh al-Islâmî ad-Dawlî), organe de l'Organisation de la coopération islamique, à Jeddah. • L'AAOIFI (Accounting and Auditing Organization for Islamic Financial Institutions), qui publie des normes de conformité pour la finance islamique. • Le Conseil européen de la fatwa et de la recherche (ECFR), qui traite des questions des musulmans vivant en Occident. • L'Assemblée des juristes musulmans d'Amérique (AMJA) et le Fiqh Council of North America (FCNA), pour l'Amérique du Nord. Ces instances ne sont pas toujours d'accord entre elles ; c'est une raison de plus de demander à l'imam.
L'achat d'une maison • Le prêt hypothécaire conventionnel comporte un intérêt. La grande majorité des savants le considèrent comme du ribâ. • En 1999, le Conseil européen de la fatwa a permis, sous conditions, l'hypothèque conventionnelle pour une première résidence aux musulmans vivant en Europe, faute d'alternative, en s'appuyant sur la nécessité et sur un avis hanafite ; d'autres instances (dont l'AMJA et de nombreux savants) ont refusé cet avis [À VÉRIFIER : présentation exacte et date]. • Des alternatives existent au Canada : des coopératives et sociétés de financement islamique proposant la mourâbaḥa (achat puis revente avec marge connue), l'ijâra (location avec transfert de propriété) ou la mouchâraka décroissante (copropriété dont la part de l'acheteur augmente). Les savants discutent du degré de conformité de chaque produit ; il faut vérifier qui a certifié le produit et comment il est structuré [À VÉRIFIER]. • Questions à préparer : est-ce une première résidence ? quelles alternatives ont été étudiées ? quelle est la structure exacte du contrat ?
La carte de crédit • Utiliser une carte de crédit et payer le solde en entier à chaque échéance : la plupart des savants contemporains le permettent, puisqu'aucun intérêt n'est payé ; certains discutent de la clause du contrat qui prévoit des intérêts en cas de retard [À VÉRIFIER]. • Laisser un solde et payer des intérêts : c'est payer du ribâ. Si vous êtes déjà dans cette situation, la priorité est de rembourser au plus vite, en commençant par les dettes au taux le plus élevé. • Les récompenses (points, remises en argent) offertes par l'émetteur : beaucoup les jugent permises quand le solde est payé en entier [À VÉRIFIER]. • L'avance de fonds (retrait d'argent avec la carte) entraîne des intérêts immédiats : à éviter.
La voiture Prêt auto à intérêt, location (leasing), ou achat comptant : les savants distinguent la location (un contrat de location peut être permis) et le prêt à intérêt (ribâ). Certains concessionnaires proposent des financements « à 0 % » : il faut vérifier s'il n'y a vraiment aucun intérêt ni pénalité de retard qui en tienne lieu [À VÉRIFIER].
Les études Les prêts étudiants gouvernementaux posent la question de l'intérêt. Selon les informations publiques, le gouvernement fédéral a supprimé les intérêts sur la partie fédérale des prêts d'études canadiens à partir de 2023, mais la partie provinciale peut encore en comporter selon la province [À VÉRIFIER : situation à jour et province]. Les bourses et subventions ne posent pas cette question. Pour un prêt avec intérêt, la question de la nécessité se pose à l'imam.
L'assurance • L'assurance conventionnelle est discutée : beaucoup la jugent problématique (aléa, intérêts dans les placements de l'assureur) et préfèrent l'assurance mutuelle ou coopérative (takâful) quand elle existe ; d'autres la permettent par besoin. • Les assurances obligatoires par la loi (assurance automobile de base, assurance maladie provinciale) sont généralement acceptées par nécessité ou obligation légale [À VÉRIFIER]. • L'assurance vie fait l'objet d'avis divergents [À VÉRIFIER].
Investir, y compris dans un REER ou un CELI • Le placement en actions est permis en principe : c'est une participation à une entreprise. Il faut que l'activité de l'entreprise soit licite et que ses dettes et revenus d'intérêts restent sous des seuils fixés par les normes (souvent environ un tiers pour les dettes, avec une « purification » des revenus interdits) [À VÉRIFIER : seuils AAOIFI]. • Des fonds et FNB filtrés selon ces normes existent au Canada ; on peut les détenir dans un CELI ou un REER. • Les obligations conventionnelles et les CPG (certificats de placement garanti) rapportent des intérêts : ils ne sont pas compatibles selon la position majoritaire ; les ṣoukoûk sont présentés comme une alternative [À VÉRIFIER]. • Le « day trading » à fort effet de levier, les options et les marchés à terme sont discutés et souvent déconseillés, car ils se rapprochent du jeu de hasard [À VÉRIFIER].
Achat maintenant, paiement plus tard Les formules « achetez maintenant, payez plus tard » sans aucun intérêt ni frais de retard ressemblent à une vente à crédit, généralement permise ; si des intérêts ou des frais de retard s'appliquent, la question du ribâ se pose [À VÉRIFIER]. Elles poussent souvent à acheter plus qu'on ne peut : prudence.
Une ligne de conduite pour tous les cas • Commencer par se demander si la dépense est nécessaire. • Chercher d'abord l'option sans intérêt (épargne, achat comptant, produit islamique certifié, aide familiale sans intérêt). • Lire le contrat ; repérer les intérêts et les frais de retard. • Demander à l'imam, avec les documents en main. • Faire un budget : dépenser moins qu'on ne gagne, épargner un peu chaque mois, garder un fonds d'urgence. « Ceux qui, lorsqu'ils dépensent, ne gaspillent pas et ne lésinent pas, mais se tiennent au juste milieu » (25:67).
Le texte : sourate Aṭ-Ṭalâq (65), versets 2 à 3 فَإِذَا بَلَغْنَ أَجَلَهُنَّ فَأَمْسِكُوهُنَّ بِمَعْرُوفٍ أَوْ فَارِقُوهُنَّ بِمَعْرُوفٍ وَأَشْهِدُوا ذَوَيْ عَدْلٍ مِنْكُمْ وَأَقِيمُوا الشَّهَادَةَ لِلَّهِ ۚ ذَٰلِكُمْ يُوعَظُ بِهِ مَنْ كَانَ يُؤْمِنُ بِاللَّهِ وَالْيَوْمِ الْآخِرِ ۚ وَمَنْ يَتَّقِ اللَّهَ يَجْعَلْ لَهُ مَخْرَجًا ﴿٢﴾ وَيَرْزُقْهُ مِنْ حَيْثُ لَا يَحْتَسِبُ ۚ وَمَنْ يَتَوَكَّلْ عَلَى اللَّهِ فَهُوَ حَسْبُهُ ۚ إِنَّ اللَّهَ بَالِغُ أَمْرِهِ ۚ قَدْ جَعَلَ اللَّهُ لِكُلِّ شَيْءٍ قَدْرًا ﴿٣﴾
Sens : « Lorsqu'elles atteignent leur terme, retenez-les de manière convenable ou séparez-vous d'elles de manière convenable, et prenez deux témoins intègres parmi vous, et témoignez pour Allah. Voilà ce à quoi est exhorté celui qui croit en Allah et au Jour dernier. Et quiconque craint Allah, Il lui donne une issue, et lui accorde Sa subsistance par où il ne s'y attend pas. Et quiconque place sa confiance en Allah, Il lui suffit. Allah atteint ce qu'Il veut, et Il a assigné à toute chose une mesure. » Le début des versets traite du divorce ; leur fin, « quiconque craint Allah, Il lui donne une issue et lui accorde Sa subsistance par où il ne s'y attend pas », est souvent citée comme une règle générale, notamment pour celui qui renonce à un gain douteux par crainte d'Allah.
Texte arabe : Tanzil Quran Text (Simple, version 1.0.2), © 2008-2010 Tanzil.net, licence Creative Commons Attribution 3.0, reproduit sans modification (http://tanzil.net). Chaque verset est sur sa ligne, suivi de son numéro ; la basmala, que le fichier Tanzil place au début du premier verset, est écrite sur sa propre ligne.
Comprendre la leçon
Explication Vivre au Canada, c'est vivre dans un système financier construit autour de l'intérêt. Le musulman n'est pas appelé à s'en isoler, mais à y circuler avec des principes : distinguer ce qui est clairement permis (payer sa carte en entier, investir dans un fonds filtré), ce qui est clairement interdit (payer ou recevoir des intérêts par choix), et ce qui est discuté (hypothèque par nécessité, assurances, certains produits). Pour les questions discutées, la méthode compte plus que la réponse : connaître les positions, préparer son dossier, demander à un savant de confiance, puis agir avec sérénité. Le croyant ne se fait pas sa propre fatwa en choisissant l'avis qui l'arrange, et il ne condamne pas son frère qui suit un autre avis reconnu. Le verset 65:2-3 donne la confiance : celui qui renonce à un gain douteux pour Allah ne perd pas ; Allah lui ouvre une issue et une subsistance qu'il n'attendait pas.
Bilan du cours • Unité 1 : la zakât est un droit des pauvres dans vos biens ; elle est due au-delà du nisâb (85 g d'or ou 595 g d'argent), après une année lunaire, à 2,5 %. • Unité 2 : elle porte sur l'argent, l'épargne, les placements, les marchandises, l'or et l'argent, les récoltes et les troupeaux ; les comptes canadiens se traitent par analogie ; le calcul se fait en sept étapes. • Unité 3 : elle va aux huit catégories de 9:60 ; la zakât al-fiṭr purifie le jeûne ; la ṣadaqa et le waqf prolongent la générosité, et le testament l'organise. • Unité 4 : un argent propre suppose un gain licite, l'absence de ribâ, des contrats clairs et des dettes honorées.
Les leçons à en tirer • Faire la liste de vos produits financiers (comptes, cartes, prêts, assurances, placements) et repérer ceux qui comportent des intérêts. • Établir un plan pour sortir progressivement des dettes à intérêt. • Avant tout grand engagement (maison, voiture, études), demander à l'imam avec le contrat en main. • Choisir des placements filtrés pour votre CELI et votre REER. • Faire un budget familial et garder un fonds d'urgence.
À retenir • Instances : Académie internationale du fiqh islamique, AAOIFI, ECFR, AMJA, FCNA. • Carte de crédit payée en entier : permise selon la plupart ; solde avec intérêts : ribâ. • Hypothèque conventionnelle : ribâ selon la majorité ; avis de nécessité de l'ECFR (1999), contesté [À VÉRIFIER]. • Placements : actions d'entreprises licites, filtrées ; pas d'obligations ni de CPG à intérêt (majorité). • « Quiconque craint Allah, Il lui donne une issue » (65:2).
Le message principal Dans un monde financier fondé sur l'intérêt, avancez avec des principes clairs et l'avis d'un savant de confiance : un argent licite, purifié par la zakât et partagé par l'aumône, est une source de paix et de baraka.
Carte 1 sur 7
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