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Unité : La mim sakina, la ghounna et le madd
Les trois lettres du madd, l'allongement naturel de deux temps, et l'arrêt sur un tanwin « an ».
Madd (مَدّ) veut dire « allonger ». Au niveau 1, vous avez appris les voyelles longues : ce sont elles qui portent le madd.
Les trois lettres du madd : • ا après une fatha : قَالَ • و sakina après une damma : يَقُولُ • ي sakina après une kasra : قِيلَ
Le madd naturel (مَدّ طَبِيعِي). Quand une lettre du madd n'est suivie ni d'une hamza ni d'un soukoun, on l'allonge de deux temps, ni plus ni moins. Un « temps » (ḥaraka) est environ la durée d'une voyelle courte. On l'appelle « naturel » parce qu'une voix normale le fait sans effort. • نُوحِيهَا : chaque voyelle longue dure deux temps. • Dans Al-Fatiha, مَالِكِ (1:4) : le ا dure deux temps.
Comment mesurer : certains enseignants plient un doigt par temps, à un rythme régulier. L'important est que toutes vos voyelles longues aient la même durée.
L'arrêt sur un tanwin « an » (ـً). Quand on s'arrête sur un mot qui finit par un tanwin fatha, on ne dit pas le « n » : on le remplace par un « a » long de deux temps. Exemples : • تَوَّابًا (110:3) : à l'arrêt, on lit « tawwâbâ ». • أَفْوَاجًا (110:2) : à l'arrêt, « afwâjâ ». Cette règle ne vaut pas pour le ta marbouta (ـةً), sur lequel on s'arrête avec un « h » léger.
Les erreurs fréquentes : • Raccourcir une voyelle longue : قَالَ devient « qala ». • Allonger une voyelle courte : رَبِّ devient « râbbi ». Ces erreurs peuvent changer le sens des mots : prenez le temps de bien les distinguer.
Comprendre la leçon : le madd naturel
1. Explication Une voyelle longue, c'est une voyelle courte prolongée d'autant : deux temps. On l'appelle « naturel » parce que la lettre du madd ne peut pas exister sans lui : sans ces deux temps, ce n'est plus une voyelle longue mais une voyelle courte, et le mot change. Un cas proche, le « petit madd de liaison » (ṣila) : le pronom هُ ou هِ placé entre deux voyelles s'allonge de deux temps quand on enchaîne, comme dans إِنَّهُ كَانَ (110:3), lu « innahû kâna ». Quelques mots font exception dans la lecture de Hafs : votre enseignant vous les montrera. [À VÉRIFIER : exceptions à citer] Erreurs fréquentes (en plus de celles de la leçon) : • Des voyelles longues de durées inégales dans un même verset. • Prononcer le ا final de أَنَا (« moi ») quand on enchaîne avec le mot suivant : en Hafs, il ne se prononce qu'à l'arrêt. • Ajouter un madd sur une lettre sans voyelle longue à la fin d'un verset, pour « faire joli ».
2. Les leçons à en tirer • Anas a décrit la récitation du Prophète ﷺ : il allongeait les voyelles longues, par exemple dans بِسْمِ اللَّهِ الرَّحْمَٰنِ الرَّحِيمِ. (Bukhari 5046) [À VÉRIFIER : numéro] • Récitez à un rythme régulier, comme un pas de marche : un rythme stable rend les durées égales. • Choisissez un passage court et vérifiez chaque voyelle longue avec les doigts, puis sans.
3. À retenir • Trois lettres du madd : ا après fatha, و sakina après damma, ي sakina après kasra. • Sans hamza ni soukoun après : deux temps, toujours. • Arrêt sur un tanwin « an » : un « a » long de deux temps.
4. Le message de la leçon La durée fait partie du mot : respecter les voyelles longues et courtes, c'est préserver le sens que la Parole d'Allah porte.
Source : règles selon la lecture de Hafs d'après 'Asim (voie ash-Shâṭibiyya), telles qu'exposées dans les manuels de tajwid courants ; le sens des versets d'après Al-Mukhtasar fî tafsîr al-Qur'ân.
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