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Unité : Les fondements de la religion (hadiths 1 à 8)
La création de l'être humain, le destin écrit et la valeur des fins de vie (hadith 4) ; puis la règle qui protège la religion des ajouts : tout ce qui est innové est rejeté (hadith 5).
Hadith 4 : la création et le destin D'après 'Abd Allah ibn Mas'oûd (qu'Allah l'agrée) : le Messager d'Allah ﷺ, le véridique et le confirmé, nous a dit : إِنَّ أَحَدَكُمْ يُجْمَعُ خَلْقُهُ فِي بَطْنِ أُمِّهِ أَرْبَعِينَ يَوْمًا « La création de chacun de vous est rassemblée dans le ventre de sa mère pendant quarante jours, puis il devient une adhérence ('alaqa) pendant autant, puis un morceau de chair (mouḍgha) pendant autant ; puis l'ange lui est envoyé, il lui insuffle l'âme, et il reçoit l'ordre d'écrire quatre choses : sa subsistance, son terme, ses œuvres, et s'il sera malheureux ou heureux. Par Allah, en dehors de qui il n'y a pas de dieu, l'un de vous fait les œuvres des gens du Paradis jusqu'à n'en être plus qu'à une coudée, puis l'écrit le devance, il fait les œuvres des gens du Feu et y entre… » et l'inverse. (Suite [À VÉRIFIER : texte arabe complet].) Source : Bukhari 3208 et Muslim 2643.
Le commentaire • Les étapes : le mot « nouṭfa » (goutte) figure dans la version d'An-Nawawî ; Ibn Rajab discute la manière de comprendre les trois périodes de quarante jours et le moment de l'insufflation de l'âme [À VÉRIFIER : présentation des étapes]. Les juristes en ont tiré des règles sur le respect dû à l'embryon ; c'est une question à poser à l'imam pour tout cas concret. • Le destin (al-qadar) : Allah sait et a écrit ce qui sera. Cela ne supprime pas la responsabilité : l'être humain choisit, et il est jugé sur ses choix. Quand les compagnons ont demandé s'il fallait alors s'en remettre à l'écrit, le Prophète ﷺ a répondu : « Agissez, chacun est facilité pour ce pour quoi il a été créé » (Bukhari 4949, Muslim 2647) [À VÉRIFIER : numéros]. • La fin compte : Ibn Rajab explique, à partir d'une autre version (« selon ce qui apparaît aux gens »), que celui qui finit mal avait souvent un défaut caché, et que celui qui finit bien avait un bien caché. Le hadith n'enseigne donc pas l'angoisse, mais la sincérité et la constance. • An-Nawawî en tire qu'on ne juge personne avec certitude sur son état présent, ni pour le Paradis ni pour le Feu.
Dans la vie • Demandez souvent la bonne fin : « Ô Toi qui retournes les cœurs, affermis mon cœur sur Ta religion » (invocation fréquente du Prophète ﷺ, rapportée par At-Tirmidhî [À VÉRIFIER : numéro]). • La subsistance et le terme sont écrits : cherchez votre gagne-pain avec sérieux, mais sans angoisse ni moyens illicites.
Hadith 5 : tout ajout à la religion est rejeté D'après la mère des croyants 'Âïcha (qu'Allah l'agrée) : le Messager d'Allah ﷺ a dit : مَنْ أَحْدَثَ فِي أَمْرِنَا هَذَا مَا لَيْسَ مِنْهُ فَهُوَ رَدٌّ « Celui qui introduit dans notre affaire que voici ce qui n'en fait pas partie, cela est rejeté. » Dans une version de Muslim : « Celui qui fait une œuvre qui n'est pas conforme à notre affaire, elle est rejetée. » Source : Bukhari 2697 et Muslim 1718.
Le commentaire • « Notre affaire » désigne la religion. An-Nawawî dit que ce hadith est une des grandes règles de l'islam et qu'il faut le mémoriser et le répandre, car il réfute toute innovation. • Le miroir du hadith 1 : Ibn Rajab écrit que le hadith 1 est la balance des œuvres de l'intérieur, et celui-ci la balance de l'extérieur. Une œuvre d'adoration doit avoir une base dans le Coran ou la Sunna. • La version de Muslim est plus large : elle vise aussi celui qui pratique une innovation créée par d'autres, même s'il ne l'a pas inventée. • Ce que le hadith ne vise pas : les moyens nouveaux au service d'une chose établie (écrire le Coran en livre, construire des écoles, utiliser un micro ou une application). Les savants distinguent les adorations, où l'on suit le texte, et les affaires du monde, où la règle est la permission. Les définitions précises de la bid'a (innovation) font l'objet de discussions entre savants ; ce point est à relire avec l'imam [À VÉRIFIER : présentation]. • Ibn Daqîq al-'Îd en tire aussi qu'un contrat contraire à la loi est nul.
Dans la vie • Avant d'adopter une pratique religieuse vue en ligne, demandez : « Quelle est sa source ? » • Préférez une petite œuvre conforme à la Sunna à une grande œuvre sans base. • Corrigez avec douceur : la plupart des gens qui suivent une innovation le font par bonne intention.
Le texte : sourate Al-Ḥadîd (57), versets 22 à 23 مَا أَصَابَ مِنْ مُصِيبَةٍ فِي الْأَرْضِ وَلَا فِي أَنْفُسِكُمْ إِلَّا فِي كِتَابٍ مِنْ قَبْلِ أَنْ نَبْرَأَهَا ۚ إِنَّ ذَٰلِكَ عَلَى اللَّهِ يَسِيرٌ ﴿٢٢﴾ لِكَيْلَا تَأْسَوْا عَلَىٰ مَا فَاتَكُمْ وَلَا تَفْرَحُوا بِمَا آتَاكُمْ ۗ وَاللَّهُ لَا يُحِبُّ كُلَّ مُخْتَالٍ فَخُورٍ ﴿٢٣﴾
Sens : « Nul malheur n'atteint la terre ni vos personnes sans qu'il soit dans un Livre avant que Nous ne le créions ; cela est facile pour Allah, afin que vous ne vous affligiez pas de ce qui vous a échappé et ne vous réjouissiez pas avec orgueil de ce qu'Il vous a donné. Et Allah n'aime pas le présomptueux plein de vantardise. » Le verset donne le fruit de la foi au destin, que le hadith 4 enseigne : la paix du cœur devant la perte comme devant le gain.
Texte arabe : Tanzil Quran Text (Simple, version 1.0.2), © 2008-2010 Tanzil.net, licence Creative Commons Attribution 3.0, reproduit sans modification (http://tanzil.net). Chaque verset est sur sa ligne, suivi de son numéro ; la basmala, que le fichier Tanzil place au début du premier verset, est écrite sur sa propre ligne.
Comprendre la leçon
Explication Le hadith 4 rappelle d'où nous venons (quelques jours dans le ventre d'une mère) et que notre vie est connue et écrite par Allah. Mais il ne dit pas « ne faites rien » : il dit que la fin est décisive, et les autres textes ordonnent d'agir. La foi au destin rassure (ce qui m'atteint ne pouvait pas me manquer) et responsabilise (je choisis mes œuvres). Le hadith 5 protège la religion elle-même. Si chacun pouvait ajouter des adorations à son goût, la religion se transformerait en quelques générations. La règle est simple : pour l'adoration, on suit ce qui est transmis ; pour le reste de la vie, ce qui n'est pas interdit est permis. Les deux hadiths ont un même fil : l'humilité. Je ne connais pas ma fin, donc je ne me crois pas sauvé ; je ne suis pas législateur, donc je n'invente pas de religion.
Les leçons à en tirer • Ne jamais juger avec certitude du sort d'une personne, ni désespérer de soi-même. • Demander régulièrement à Allah la constance et une bonne fin. • Accueillir les épreuves avec la paix du verset 57:23. • Chercher la source d'une pratique religieuse avant de l'adopter. • Distinguer l'adoration (on suit le texte) des affaires du monde (la règle est la permission).
À retenir • Hadith 4 (Bukhari 3208, Muslim 2643) : quatre choses écrites : la subsistance, le terme, les œuvres, le bonheur ou le malheur. • Les œuvres valent par leur fin. • Hadith 5 (Bukhari 2697, Muslim 1718) : مَنْ أَحْدَثَ فِي أَمْرِنَا هَذَا مَا لَيْسَ مِنْهُ فَهُوَ رَدٌّ. • Hadith 1 = balance de l'intérieur ; hadith 5 = balance de l'extérieur (Ibn Rajab).
Le message principal Agissez sincèrement selon la Sunna, sans vous croire arrivé ni désespérer : votre destin est entre les mains d'Allah, et votre part est de bien faire jusqu'au bout.
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