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Unité : Médine : bâtir, défendre, rassembler
La revanche de Qouraych en l'an 3, la consultation, les archers sur la colline, la désobéissance et ses conséquences, la blessure du Prophète ﷺ, le martyre de Ḥamza, et le refus du découragement.
Avant la bataille Un an après Badr, au mois de Chawwâl de l'an 3, Qouraych marcha sur Médine avec environ trois mille hommes pour se venger. Le Prophète ﷺ consulta ses compagnons : il préférait se défendre dans la ville, mais beaucoup, surtout des jeunes qui n'avaient pas participé à Badr, voulaient sortir. Il accepta l'avis de la majorité, mit son armure, et ne revint pas sur la décision quand certains regrettèrent d'avoir insisté [À VÉRIFIER : référence]. En route, 'Abdallâh ibn Oubayy, le chef des hypocrites, se retira avec environ trois cents hommes ; il resta environ sept cents musulmans [À VÉRIFIER : nombres].
Les archers Le Prophète ﷺ plaça cinquante archers sur une petite colline (appelée depuis la colline des archers), sous le commandement de 'Abdallâh ibn Joubayr, et leur dit : « Même si vous voyez les oiseaux nous enlever, ne quittez pas votre place jusqu'à ce que je vous envoie chercher » (Bukhari 3039).
La désobéissance Au début, les musulmans eurent le dessus et l'armée de Qouraych recula. Voyant le butin, la plupart des archers dirent : « Le butin ! » 'Abdallâh ibn Joubayr leur rappela l'ordre du Prophète ﷺ, mais ils descendirent (Bukhari 3039). Khâlid ibn al-Walîd, alors encore dans le camp de Qouraych, contourna la colline avec sa cavalerie et attaqua les musulmans par derrière. Ce fut la confusion. Le bruit courut que le Prophète ﷺ avait été tué.
La blessure du Prophète ﷺ Le Prophète ﷺ fut blessé au visage et eut une dent cassée. En essuyant le sang, il dit : « Comment réussirait un peuple qui a blessé son prophète ? » Allah révéla alors : « Tu n'as rien à décider dans cette affaire » (sens du verset 3:128 ; Muslim 1791). Quelques compagnons le protégèrent de leur corps, dont Ṭalḥa ibn 'Oubaydillâh, dont la main resta paralysée (Bukhari 3724), et Abou Doujâna.
Les martyrs Soixante-dix musulmans tombèrent en martyrs [À VÉRIFIER : nombre]. Parmi eux, Ḥamza ibn 'Abd al-Mouṭṭalib, l'oncle du Prophète ﷺ, tué par la lance de Waḥchî, un esclave à qui on avait promis la liberté (Bukhari 4072). Des années plus tard, Waḥchî devint musulman. Mouṣ'ab ibn 'Oumayr, le jeune homme riche de La Mecque devenu le premier enseignant de Médine, mourut aussi : on ne trouva pour l'ensevelir qu'un manteau trop court, qui laissait ses pieds découverts (Bukhari 1276).
Le lendemain Le Prophète ﷺ ne laissa pas la défaite briser les croyants. Le lendemain, il sortit avec les blessés poursuivre l'armée de Qouraych jusqu'à Ḥamrâ' al-Asad, pour montrer que les musulmans restaient forts ; Qouraych préféra rentrer à La Mecque [À VÉRIFIER : référence]. Une grande partie de la sourate Âl 'Imrân (versets 121 à 179 environ) commente la bataille.
Exercice : pensez à un échec récent. Écrivez ce qui en a été la cause, ce que vous en avez appris, et un petit pas pour repartir, comme les croyants qui sont repartis dès le lendemain.
Le texte : sourate Âl 'Imrân (3), verset 139 وَلَا تَهِنُوا وَلَا تَحْزَنُوا وَأَنْتُمُ الْأَعْلَوْنَ إِنْ كُنْتُمْ مُؤْمِنِينَ ﴿١٣٩﴾
Sens : « Ne faiblissez pas et ne vous attristez pas, alors que vous êtes les plus hauts, si vous êtes croyants. » Révélé après Ouḥoud, ce verset relève les croyants blessés : la défaite d'un jour ne change pas la valeur de la foi.
Texte arabe : Tanzil Quran Text (Simple, version 1.0.2), © 2008-2010 Tanzil.net, licence Creative Commons Attribution 3.0, reproduit sans modification (http://tanzil.net). Chaque verset est sur sa ligne, suivi de son numéro ; la basmala, que le fichier Tanzil place au début du premier verset, est écrite sur sa propre ligne.
Comprendre la leçon
Explication Ouḥoud enseigne ce que Badr ne pouvait pas enseigner : les conséquences de la désobéissance. Les archers n'ont pas été vaincus par l'ennemi ; ils ont quitté leur poste pour le butin. Le Coran le dit clairement : « Parmi vous, certains voulaient ce bas monde, et d'autres voulaient l'au-delà » (sens du verset 3:152). Un petit groupe a désobéi, et toute l'armée a souffert. La bataille montre aussi le respect de la consultation : le Prophète ﷺ a suivi l'avis de la majorité contre son propre avis, puis il a tenu sa décision. Il n'a pas reproché aux jeunes d'avoir insisté. La réaction après la défaite est une grande leçon. Le Prophète ﷺ, blessé, a appris par le verset 3:128 que l'avenir de ses ennemis appartient à Allah ; beaucoup d'entre eux, comme Khâlid ibn al-Walîd et Waḥchî, sont devenus musulmans plus tard. Et le verset 3:139 interdit le découragement : on peut perdre une bataille sans perdre sa dignité ni sa foi.
Les leçons à en tirer • Rester à son poste et obéir, même quand le gain semble facile. • Respecter une décision prise ensemble, sans la remettre sans cesse en question. • Savoir qu'une faute de quelques-uns peut nuire à tous. • Ne pas désespérer des gens : l'ennemi d'aujourd'hui peut être le frère de demain. • Après un échec, se relever vite, sans faiblir ni s'attrister à l'excès.
À retenir • Ouḥoud : Chawwâl de l'an 3 ; environ 700 musulmans contre 3 000. • Les cinquante archers et 'Abdallâh ibn Joubayr (Bukhari 3039). • La blessure du Prophète ﷺ et le verset 3:128 (Muslim 1791). • Ḥamza (Bukhari 4072) et Mouṣ'ab (Bukhari 1276), martyrs. • 3:139 : « Ne faiblissez pas et ne vous attristez pas. »
Le message principal Ouḥoud montre que la désobéissance coûte cher, mais que l'échec n'est pas la fin : obéissez à Allah et à Son Messager, apprenez de vos erreurs, et relevez-vous sans perdre courage.
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