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Unité : Médine : bâtir, défendre, rassembler
Ḥounayn et la leçon de l'orgueil du nombre, le discours aux Anṣâr, l'expédition difficile de Tabouk, les trois compagnons restés en arrière, et l'arrivée des délégations de toute l'Arabie.
Ḥounayn Quelques semaines après la conquête, au mois de Chawwâl de l'an 8, les tribus de Hawâzin et de Thaqîf rassemblèrent une armée contre les musulmans. Le Prophète ﷺ sortit avec environ douze mille hommes, la plus grande armée musulmane jusque-là [À VÉRIFIER : nombre]. Certains dirent : « Nous ne serons pas vaincus aujourd'hui à cause de notre petit nombre. » Dans la vallée de Ḥounayn, à l'aube, l'ennemi caché attaqua ; beaucoup s'enfuirent (verset 9:25, ci-dessous). Le Prophète ﷺ resta ferme sur sa mule blanche et disait : « Je suis le Prophète, ce n'est pas un mensonge ; je suis le fils de 'Abd al-Mouṭṭalib » (Bukhari 2864, Muslim 1776). Son oncle Al-'Abbâs, qui avait une voix forte, appela les compagnons ; ils revinrent, et Allah donna la victoire.
Le partage et le discours aux Anṣâr Le Prophète ﷺ donna une grande part du butin aux nouveaux musulmans de Qouraych, pour gagner leur cœur, et rien aux Anṣâr. Certains Anṣâr en furent peinés. Il les réunit et leur rappela ce qu'Allah leur avait donné par lui : la guidée, l'union, la richesse. Puis il dit : « N'êtes-vous pas satisfaits que les gens repartent avec des moutons et des chameaux, et que vous repartiez avec le Prophète d'Allah chez vous ? Si les gens prenaient une vallée et les Anṣâr une autre, je prendrais celle des Anṣâr. » Ils pleurèrent et dirent : « Nous sommes satisfaits » (Bukhari 4330, Muslim 1061).
Tabouk En l'an 9, on apprit que les Byzantins préparaient une attaque au nord. C'était l'été, la chaleur était terrible, la récolte de dattes allait être prête, et la route très longue. Le Prophète ﷺ annonça clairement le but, contrairement à son habitude, pour que chacun se prépare. Les compagnons donnèrent généreusement : 'Outhmân équipa une grande partie de l'armée (rapporté par At-Tirmidhî) [À VÉRIFIER : numéro] ; selon un récit, Abou Bakr apporta tous ses biens et 'Oumar la moitié des siens [À VÉRIFIER : référence]. Environ trente mille hommes partirent [À VÉRIFIER : nombre]. Arrivés à Tabouk, ils ne trouvèrent pas d'armée byzantine ; plusieurs tribus du nord conclurent des accords avec les musulmans. Les hypocrites trouvèrent des excuses pour rester. Mais trois croyants sincères restèrent aussi sans excuse, par négligence : Ka'b ibn Mâlik, Mourâra ibn ar-Rabî' et Hilâl ibn Oumayya. Ka'b refusa de mentir au Prophète ﷺ à son retour, et dit la vérité. Pendant cinquante nuits, les musulmans ne leur parlèrent plus. Puis Allah révéla qu'Il avait accepté leur repentir (verset 9:118, ci-dessous). Ka'b dit plus tard qu'Allah l'avait sauvé par la vérité (Bukhari 4418, Muslim 2769).
L'année des délégations Après la conquête de La Mecque et Tabouk, les tribus de toute l'Arabie envoyèrent des délégations à Médine pour embrasser l'islam ou conclure des accords. C'est pourquoi l'an 9 est appelé « l'année des délégations » ('âm al-woufoûd). Thaqîf, la tribu de Ṭâ'if qui avait chassé le Prophète ﷺ à coups de pierres, vint elle aussi embrasser l'islam : la réponse à son invocation de Ṭâ'if. Cette même année, Abou Bakr dirigea le pèlerinage, et il fut annoncé qu'aucun idolâtre ne ferait plus le pèlerinage et que personne ne tournerait plus nu autour de la Ka'ba (Bukhari 369, Muslim 1347).
Exercice : Ka'b ibn Mâlik aurait pu s'excuser par un mensonge ; il a choisi la vérité, même si elle lui coûtait. Pensez à une situation où vous êtes tenté d'arranger la vérité, et décidez à l'avance de dire vrai.
Le texte : sourate At-Tawba (9), verset 25 لَقَدْ نَصَرَكُمُ اللَّهُ فِي مَوَاطِنَ كَثِيرَةٍ ۙ وَيَوْمَ حُنَيْنٍ ۙ إِذْ أَعْجَبَتْكُمْ كَثْرَتُكُمْ فَلَمْ تُغْنِ عَنْكُمْ شَيْئًا وَضَاقَتْ عَلَيْكُمُ الْأَرْضُ بِمَا رَحُبَتْ ثُمَّ وَلَّيْتُمْ مُدْبِرِينَ ﴿٢٥﴾
Le texte : sourate At-Tawba (9), verset 118 وَعَلَى الثَّلَاثَةِ الَّذِينَ خُلِّفُوا حَتَّىٰ إِذَا ضَاقَتْ عَلَيْهِمُ الْأَرْضُ بِمَا رَحُبَتْ وَضَاقَتْ عَلَيْهِمْ أَنْفُسُهُمْ وَظَنُّوا أَنْ لَا مَلْجَأَ مِنَ اللَّهِ إِلَّا إِلَيْهِ ثُمَّ تَابَ عَلَيْهِمْ لِيَتُوبُوا ۚ إِنَّ اللَّهَ هُوَ التَّوَّابُ الرَّحِيمُ ﴿١١٨﴾
Sens de 9:25 : « Allah vous a secourus en de nombreux endroits, et le jour de Ḥounayn, quand votre grand nombre vous a plu mais ne vous a servi à rien ; la terre, malgré son étendue, vous parut étroite, puis vous avez tourné le dos en fuyant. » Sens de 9:118 : Allah accepta aussi le repentir des trois qui étaient restés en arrière, quand la terre, malgré son étendue, leur parut étroite, que leurs âmes se serrèrent, et qu'ils comprirent qu'il n'y a de refuge contre Allah qu'auprès de Lui ; puis Il accepta leur repentir pour qu'ils se repentent : Allah est Celui qui accueille le repentir, le Très-Miséricordieux.
Texte arabe : Tanzil Quran Text (Simple, version 1.0.2), © 2008-2010 Tanzil.net, licence Creative Commons Attribution 3.0, reproduit sans modification (http://tanzil.net). Chaque verset est sur sa ligne, suivi de son numéro ; la basmala, que le fichier Tanzil place au début du premier verset, est écrite sur sa propre ligne.
Comprendre la leçon
Explication Ḥounayn vient juste après la conquête, au moment où les musulmans sont les plus nombreux, et c'est là qu'ils manquent d'être vaincus. Le verset 9:25 l'explique : « votre grand nombre vous a plu ». Badr enseignait qu'on peut vaincre en étant faible ; Ḥounayn enseigne qu'on peut être vaincu en étant fort, si l'on oublie Allah. Le discours aux Anṣâr est un chef-d'œuvre de pédagogie : le Prophète ﷺ ne nie pas leur peine, il les écoute, leur rappelle les bienfaits d'Allah, puis leur donne ce qui vaut plus que le butin : sa présence et son amour. Il montre aussi qu'un dirigeant peut donner davantage à ceux dont la foi est fragile, sans que cela signifie qu'il les préfère. Tabouk est l'épreuve de la sincérité. Les hypocrites ont menti et ont été laissés à leurs excuses ; les trois croyants ont dit la vérité et ont été éprouvés, puis pardonnés et honorés par un verset récité jusqu'à la fin des temps. La vérité peut coûter cher sur le moment ; elle sauve à la fin.
Les leçons à en tirer • Ne jamais compter sur le nombre ou les moyens, mais sur Allah. • Rester ferme quand les autres reculent. • Écouter la peine des gens et leur rappeler les vrais trésors. • Dire la vérité, même quand un mensonge semblerait plus facile. • Ne pas désespérer du pardon d'Allah après une faute.
À retenir • Ḥounayn, an 8 : l'orgueil du nombre (9:25) ; Bukhari 2864, Muslim 1776. • Le discours aux Anṣâr (Bukhari 4330, Muslim 1061). • Tabouk, an 9 : chaleur, distance, générosité des compagnons. • Les trois restés en arrière ; Ka'b ibn Mâlik (Bukhari 4418, Muslim 2769) ; 9:118. • L'an 9, l'année des délégations.
Le message principal La force vient d'Allah, pas du nombre, et le salut vient de la vérité, pas des excuses : restez humble dans la puissance, et sincère dans la faute.
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