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Unité : Les bases du tajwid
Les sept lettres toujours lourdes, et trois lettres qui changent : le ra, le lam du nom d'Allah et l'alif.
Après le point de sortie, le « droit » d'une lettre, c'est aussi son poids. Certaines lettres ont un son plein, d'autres un son léger.
Tafkhîm (تَفْخِيم) : rendre le son lourd, plein. L'arrière de la langue se relève vers le palais et la bouche se remplit de son. Tarqîq (تَرْقِيق) : rendre le son léger. La langue reste basse. Attention : la lourdeur vient de la langue, pas des lèvres. N'arrondis pas les lèvres pour « faire lourd », sinon on entend un « o ».
1. Les sept lettres toujours lourdes : خ ص ض غ ط ق ظ On les retient avec l'expression خُصَّ ضَغْطٍ قِظْ (khuṣṣa ḍaghṭin qiẓ). Ce sont les lettres de l'isti'lâ' (« élévation » de la langue). Elles restent lourdes quelle que soit leur voyelle : un peu plus avec une fatḥa, un peu moins avec une kasra. Les plus lourdes sont ص ض ط ظ.
Teste les paires (une légère, une lourde) : سَيْف (sayf, l'épée) / صَيْف (ṣayf, l'été) تِين (tîn, la figue) / طِين (ṭîn, l'argile) كَلْب (kalb, le chien) / قَلْب (qalb, le cœur) دَلَّ (dalla, il a guidé) / ضَلَّ (ḍalla, il s'est égaré)
2. Les lettres qui changent de poids • Le ra (ر). En règle générale : lourd avec une fatḥa ou une ḍamma, رَبِّ (114:1), الرَّحْمَٰنِ (1:3) ; léger avec une kasra, رِجَالٌ. Avec un soukoun, il suit le plus souvent la voyelle d'avant : léger après une kasra (فِرْعَوْنَ), lourd après une fatḥa ou une ḍamma (مَرْيَمَ, الْقُرْآنُ). Il y a des cas particuliers que ton enseignant te montrera. • Le lam du nom d'Allah. Lourd après une fatḥa ou une ḍamma : هُوَ اللَّهُ (112:1), عَبْدُ اللَّهِ. Léger après une kasra : بِسْمِ اللَّهِ (1:1). Tous les autres lam sont légers. • L'alif (ا) n'a pas de poids à lui : il suit la lettre d'avant. Lourd dans قَالَ, léger dans كَانَ et مَالِكِ.
Défi : récite Al-Fatiha et note sur une feuille chaque ر et chaque lam du nom d'Allah, avec « L » (lourd) ou « l » (léger). Vérifie avec ton enseignant.
Comprendre la leçon
Explication Pourquoi certaines lettres sont-elles lourdes ? Pour les sept lettres de خُصَّ ضَغْطٍ قِظْ, l'arrière de la langue se relève vers le palais (isti'lâ') : la bouche se remplit, le son devient plein. Pour quatre d'entre elles, ص ض ط ظ, la langue s'étale en plus contre le palais (iṭbâq) : ce sont les plus lourdes. Les autres lettres gardent la langue basse : elles sont légères. Le ra et le lam du nom d'Allah n'ont pas de poids fixe : ils le prennent de la voyelle qui les porte ou qui les précède. L'alif suit la lettre d'avant. Le poids n'est pas une question de style : confondre تِين et طِين ou كَلْب et قَلْب, c'est changer le mot.
Les leçons à en tirer • Travaille par paires : س / ص, ت / ط, د / ض, ذ / ظ, ك / ق. Dis chaque paire lentement, plusieurs fois. • Ne laisse pas la lourdeur « déborder » sur la lettre suivante : dans قَالَ, le ل reste léger. • Soigne Al-Fatiha en premier : c'est la sourate que tu récites le plus, dans chaque prière. • Le Coran est fait pour être médité (38:29) : bien prononcer, c'est garder le sens.
À retenir • Toujours lourdes : خُصَّ ضَغْطٍ قِظْ ; les plus lourdes : ص ض ط ظ. • Ra : lourd avec fatḥa ou ḍamma, léger avec kasra ; avec soukoun, il suit le plus souvent la voyelle d'avant. • Lam d'Allah : lourd après fatḥa ou ḍamma (هُوَ اللَّهُ), léger après kasra (بِسْمِ اللَّهِ). • L'alif suit la lettre d'avant. La lourdeur vient de la langue, pas des lèvres.
Le message principal Le poids des lettres porte le sens des mots : soigner sa prononciation, c'est protéger le sens du Coran.
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