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Unité : Gagner et dépenser licitement
Les versets de l'interdiction (2:275-280), les hadiths, les deux formes de ribâ (sur le prêt et dans l'échange), la sagesse de l'interdiction, la position des instances contemporaines sur l'intérêt bancaire, et que faire des intérêts reçus.
Le texte : sourate Al-Baqara (2), versets 275 à 280 الَّذِينَ يَأْكُلُونَ الرِّبَا لَا يَقُومُونَ إِلَّا كَمَا يَقُومُ الَّذِي يَتَخَبَّطُهُ الشَّيْطَانُ مِنَ الْمَسِّ ۚ ذَٰلِكَ بِأَنَّهُمْ قَالُوا إِنَّمَا الْبَيْعُ مِثْلُ الرِّبَا ۗ وَأَحَلَّ اللَّهُ الْبَيْعَ وَحَرَّمَ الرِّبَا ۚ فَمَنْ جَاءَهُ مَوْعِظَةٌ مِنْ رَبِّهِ فَانْتَهَىٰ فَلَهُ مَا سَلَفَ وَأَمْرُهُ إِلَى اللَّهِ ۖ وَمَنْ عَادَ فَأُولَٰئِكَ أَصْحَابُ النَّارِ ۖ هُمْ فِيهَا خَالِدُونَ ﴿٢٧٥﴾ يَمْحَقُ اللَّهُ الرِّبَا وَيُرْبِي الصَّدَقَاتِ ۗ وَاللَّهُ لَا يُحِبُّ كُلَّ كَفَّارٍ أَثِيمٍ ﴿٢٧٦﴾ إِنَّ الَّذِينَ آمَنُوا وَعَمِلُوا الصَّالِحَاتِ وَأَقَامُوا الصَّلَاةَ وَآتَوُا الزَّكَاةَ لَهُمْ أَجْرُهُمْ عِنْدَ رَبِّهِمْ وَلَا خَوْفٌ عَلَيْهِمْ وَلَا هُمْ يَحْزَنُونَ ﴿٢٧٧﴾ يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا اتَّقُوا اللَّهَ وَذَرُوا مَا بَقِيَ مِنَ الرِّبَا إِنْ كُنْتُمْ مُؤْمِنِينَ ﴿٢٧٨﴾ فَإِنْ لَمْ تَفْعَلُوا فَأْذَنُوا بِحَرْبٍ مِنَ اللَّهِ وَرَسُولِهِ ۖ وَإِنْ تُبْتُمْ فَلَكُمْ رُءُوسُ أَمْوَالِكُمْ لَا تَظْلِمُونَ وَلَا تُظْلَمُونَ ﴿٢٧٩﴾ وَإِنْ كَانَ ذُو عُسْرَةٍ فَنَظِرَةٌ إِلَىٰ مَيْسَرَةٍ ۚ وَأَنْ تَصَدَّقُوا خَيْرٌ لَكُمْ ۖ إِنْ كُنْتُمْ تَعْلَمُونَ ﴿٢٨٠﴾
Sens : 2:275 : « Ceux qui mangent le ribâ ne se lèveront que comme se lève celui que le démon a frappé de démence ; cela parce qu'ils disent : le commerce est comme le ribâ. Or Allah a permis le commerce et interdit le ribâ. Celui à qui parvient une exhortation de son Seigneur et qui cesse garde ce qu'il a acquis auparavant, et son affaire revient à Allah ; ceux qui recommencent sont les gens du Feu, où ils demeureront. » 2:276 : « Allah anéantit le ribâ et fait fructifier les aumônes ; Allah n'aime pas le mécréant pécheur. » 2:277 : « Ceux qui croient, font les bonnes œuvres, accomplissent la prière et donnent la zakât auront leur récompense auprès de leur Seigneur ; ils n'auront aucune crainte et ne seront pas attristés. » 2:278-279 : « Ô vous qui croyez ! Craignez Allah et renoncez à ce qui reste du ribâ, si vous êtes croyants. Si vous ne le faites pas, recevez l'annonce d'une guerre de la part d'Allah et de Son Messager ; et si vous vous repentez, vous aurez vos capitaux : vous ne lèserez personne et vous ne serez pas lésés. » 2:280 : « Et si le débiteur est dans la gêne, accordez-lui un délai jusqu'à ce qu'il soit dans l'aisance ; et faire l'aumône [de la dette] est meilleur pour vous, si vous saviez. »
Texte arabe : Tanzil Quran Text (Simple, version 1.0.2), © 2008-2010 Tanzil.net, licence Creative Commons Attribution 3.0, reproduit sans modification (http://tanzil.net). Chaque verset est sur sa ligne, suivi de son numéro ; la basmala, que le fichier Tanzil place au début du premier verset, est écrite sur sa propre ligne.
Le mot ribâ Ribâ signifie « augmentation, excédent ». En droit musulman, c'est un excédent sans contrepartie légitime dans certains échanges. L'interdiction est venue par étapes : 30:39 (le ribâ ne fait pas croître les biens auprès d'Allah), 4:161 (reproche à ceux qui le pratiquaient), 3:130 (« ne mangez pas le ribâ au double et au multiple »), puis l'interdiction totale de 2:275-279, parmi les derniers versets révélés [À VÉRIFIER : ordre chronologique].
Les hadiths • « Le Messager d'Allah ﷺ a maudit celui qui mange le ribâ, celui qui le fait manger, celui qui l'écrit et ses deux témoins, et il a dit : ils sont égaux » (Muslim 1598). • Le ribâ est compté parmi les sept péchés destructeurs (Bukhari 2766, Muslim 89). • Lors du sermon d'adieu, le Prophète ﷺ annula le ribâ de l'époque préislamique, en commençant par celui de son oncle Al-'Abbâs (Muslim 1218).
Les deux formes de ribâ 1. Le ribâ sur le prêt et la dette (ribâ an-nasî'a, ou ribâ al-jâhiliyya) : toute augmentation conditionnée sur un prêt d'argent, ou exigée en échange d'un délai. « Je te prête 1 000 $, tu me rends 1 100 $ » ; « tu ne peux pas payer à l'échéance, je te donne un mois de plus contre 50 $ ». C'est la forme visée directement par les versets. Les juristes en ont tiré la règle : « tout prêt qui rapporte un avantage conditionné est du ribâ » (une règle des juristes, pas un hadith authentique) [À VÉRIFIER : formulation]. 2. Le ribâ dans l'échange (ribâ al-faḍl) : « L'or contre l'or, l'argent contre l'argent, le blé contre le blé, l'orge contre l'orge, les dattes contre les dattes, le sel contre le sel : à poids égal, de main à main. Si les espèces diffèrent, vendez comme vous voulez, pourvu que ce soit de main à main » (Muslim 1587, d'après 'Oubâda ibn aṣ-Ṣâmit). Les savants en ont déduit des règles pour l'échange des monnaies : changer des dollars contre des euros doit se faire au comptant ; acheter de l'or avec de l'argent se fait au comptant, sans crédit [À VÉRIFIER : application aux achats d'or à crédit].
Pourquoi est-il interdit ? Les savants citent plusieurs sagesses, sans prétendre les épuiser : • L'injustice : le prêteur est garanti de gagner, quoi qu'il arrive à l'emprunteur ; le risque et la perte retombent sur le plus faible. Le Coran conclut : « vous ne lèserez personne et vous ne serez pas lésés » (2:279). • La fraternité : le prêt sans intérêt (qarḍ ḥasan) est une aide ; le transformer en source de profit détruit l'entraide (2:280). • L'économie réelle : l'islam relie le gain à un échange réel, à un travail ou à un risque partagé (« al-ghounm bil-ghourm », le gain va avec le risque). Le ribâ fait croître l'argent à partir de l'argent, sans production. • La concentration de la richesse et le piège de la dette : la dette à intérêt s'alourdit, surtout pour les pauvres ; le Coran veut que la richesse ne circule pas seulement entre les riches (59:7).
Les intérêts bancaires aujourd'hui • L'Académie internationale du fiqh islamique (OCI, Jeddah) a déclaré en 1985 que tout intérêt sur un prêt ou un dépôt est du ribâ interdit [À VÉRIFIER : numéro de la résolution]. C'est aussi la position de l'AAOIFI, du Conseil européen de la fatwa, de l'Assemblée des juristes musulmans d'Amérique (AMJA) et de la grande majorité des savants contemporains. • Quelques voix minoritaires ont soutenu que certains intérêts bancaires modernes ne sont pas du ribâ (par exemple une fatwa d'Al-Azhar de 2002 sur les comptes d'investissement) ; cet avis est largement contesté [À VÉRIFIER : présentation pour l'imam]. • Le cours suit la position majoritaire et renvoie à l'imam pour les cas particuliers.
Que faire des intérêts reçus ? Si votre compte vous a versé des intérêts (souvent sans que vous l'ayez demandé) : • Ne pas les utiliser pour vous-même. • Selon la position la plus courante, s'en débarrasser en les donnant à des œuvres d'utilité générale ou aux pauvres, sans intention de récompense, et non comme zakât [À VÉRIFIER : avis du centre]. • Si possible, choisir un compte sans intérêt ou une institution qui propose des produits conformes. • Pour le passé : celui qui se repent garde son capital (2:279) ; la part d'intérêt est rendue ou donnée, selon les cas [À VÉRIFIER].
Comprendre la leçon
Explication Le Coran oppose deux chemins pour l'argent : le ribâ, qui fait croître l'argent en apparence et qu'Allah anéantit, et l'aumône, qui semble le diminuer et qu'Allah fait fructifier (2:276). Il ne s'agit pas seulement d'une règle financière, mais d'une vision de la société : le fort ne doit pas tirer profit de la gêne du faible. Les versets distinguent clairement le commerce et le ribâ. Les gens de l'époque disaient : « le commerce est comme le ribâ ». Le Coran répond : non. Dans le commerce, on échange un bien contre un prix et l'on prend un risque ; dans le ribâ, on loue de l'argent avec un gain garanti. Toute la finance islamique moderne repose sur cette distinction. Le verset 2:280 termine la série par la miséricorde : au lieu d'alourdir la dette de celui qui est dans la gêne, on lui donne du temps, ou on la lui remet. Enfin, la gravité des textes (malédiction, « guerre de la part d'Allah ») va avec une porte ouverte : celui qui se repent garde son capital, et Allah pardonne.
Les leçons à en tirer • Ne pas prêter à intérêt, même entre amis ou en famille. • Prêter sans intérêt à qui en a besoin, et accorder des délais. • Ne pas utiliser pour soi les intérêts reçus ; s'en débarrasser selon l'avis de l'imam. • Chercher des comptes et produits sans intérêt. • Ne pas désespérer pour le passé : le repentir est accepté.
À retenir • Ribâ : excédent sans contrepartie légitime ; interdit par 2:275-279. • Malédiction de celui qui le mange, le paie, l'écrit et en témoigne (Muslim 1598). • Deux formes : sur le prêt (nasî'a) et dans l'échange (faḍl, Muslim 1587). • « Allah a permis le commerce et interdit le ribâ » (2:275). • Intérêt bancaire = ribâ selon l'Académie du fiqh (1985) et la grande majorité [À VÉRIFIER].
Le message principal Allah a permis le commerce et interdit le ribâ : ne cherchez pas un gain garanti sur la gêne des autres, prêtez pour aider, et Allah bénira ce que vous donnez.
Carte 1 sur 7
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