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Unité : Les biens soumis à la zakât
Comptes bancaires, espèces, argent prêté, actions et fonds, cryptomonnaies : ce qui entre dans le calcul. Puis les dettes : lesquelles se déduisent, selon quels avis. Avec des exemples en dollars canadiens.
L'argent d'aujourd'hui Les billets, les soldes bancaires et les monnaies électroniques ont pris la place de l'or et de l'argent comme moyen d'échange. Les instances contemporaines, dont l'Académie internationale du fiqh islamique (Jeddah), considèrent qu'ils ont le même statut pour la zakât : on les compte à 2,5 % quand le nisâb et le ḥawl sont réunis [À VÉRIFIER : référence de la résolution]. Entrent dans le calcul, au jour de zakât : • les espèces à la maison ; • le solde des comptes chèques et d'épargne, y compris les comptes en devises étrangères (convertis en dollars canadiens au cours du jour) ; • l'argent placé dans des dépôts à terme ou des certificats, à leur valeur de principal ; • l'argent mis de côté pour un projet (mariage, maison, voyage) tant qu'il n'est pas dépensé : avoir un but ne supprime pas la zakât. Les intérêts bancaires éventuellement reçus ne sont pas un bien licite pour celui qui les reçoit : la plupart des savants contemporains conseillent de s'en débarrasser en les donnant à une œuvre d'utilité générale, sans intention de récompense, et non de les compter comme sa propre zakât [À VÉRIFIER : avis du centre]. Nous y reviendrons dans la leçon 13.
L'argent qu'on vous doit (les créances) • Une dette « sûre » (le débiteur est solvable et reconnaît la dette, par exemple un ami qui vous rembourse comme prévu) : selon la majorité, sa zakât est due chaque année ; on peut la payer tout de suite avec son autre argent, ou, selon certains, attendre de la recevoir et payer alors pour les années passées [À VÉRIFIER : présentation des avis]. • Une dette « douteuse » (débiteur insolvable ou qui nie) : pas de zakât tant qu'elle n'est pas récupérée ; à sa récupération, certains demandent la zakât d'une seule année, d'autres rien jusqu'à un nouveau ḥawl [À VÉRIFIER]. • Un dépôt de garantie (par exemple le dépôt d'un bail) : il est discuté, car vous n'en disposez pas [À VÉRIFIER].
Les actions et les fonds La question dépend de la raison pour laquelle vous détenez les actions. On présente généralement deux cas, reconnus notamment par l'Académie internationale du fiqh islamique et par les normes de l'AAOIFI [À VÉRIFIER : références]. • Actions achetées pour la revente à court terme (spéculation, « trading ») : elles sont des marchandises. On paie 2,5 % de leur valeur de marché au jour de zakât. • Actions gardées à long terme pour le dividende : on paie la zakât sur la part « zakatable » des actifs de l'entreprise (liquidités, créances, stocks), et non sur la valeur totale. Comme ces chiffres sont difficiles à connaître, certains utilisent une estimation (par exemple environ 25 à 30 % de la valeur de marché), d'autres conseillent de payer sur la valeur totale par précaution [À VÉRIFIER : méthode et pourcentage]. • Les fonds communs et les FNB (ETF) suivent la même logique ; certains fournisseurs de fonds islamiques publient un « ratio de zakât » par part. • Si l'entreprise paie elle-même la zakât (cas rare au Canada), l'actionnaire n'a pas à la repayer. Rappel : la licéité de l'investissement est une question distincte (leçon 15) ; une action d'une entreprise dont l'activité est interdite ne devient pas licite parce qu'on en paie la zakât.
Les cryptomonnaies Leur licéité même est discutée entre les instances contemporaines. Pour ceux qui les jugent permises, elles sont traitées comme de l'argent ou comme des marchandises : zakât à 2,5 % de la valeur de marché au jour de zakât [À VÉRIFIER : avis du centre].
Les dettes que vous devez : se déduisent-elles ? Les écoles divergent, et les savants contemporains ont précisé la question pour les dettes modernes (hypothèque sur 25 ans, prêt automobile). • Avis hanafite et hanbalite : les dettes se déduisent de l'argent soumis à la zakât, car celui qui doit n'est pas vraiment riche. • Avis chafi'ite (dans son opinion la plus connue) : les dettes ne se déduisent pas [À VÉRIFIER]. • Avis malikite : déduction des dettes de l'argent (pas des récoltes ni des troupeaux) [À VÉRIFIER]. • Pour les dettes longues, la plupart des savants contemporains ne déduisent que ce qui est échu ou dû dans l'année à venir (par exemple les douze prochains versements d'une hypothèque), et non tout le capital restant [À VÉRIFIER : avis du centre]. Sinon, presque personne ne paierait la zakât. Le calculateur du site a une case « Dettes à déduire » : y mettre seulement ce que l'avis suivi permet de déduire.
Exemple chiffré Ahmed, à sa date de zakât, a : compte chèques 2 400 $, compte d'épargne 8 600 $, espèces 300 $, 1 500 $ prêtés à son frère (qui rembourse), des actions d'un FNB islamique gardées à long terme d'une valeur de 10 000 $. Il doit 900 $ sur sa carte de crédit (à payer ce mois-ci) et ses douze prochains versements de prêt auto font 4 800 $. • Argent : 2 400 + 8 600 + 300 + 1 500 = 12 800 $. • FNB, méthode « part zakatable » avec une estimation de 30 % : 3 000 $ ; méthode « valeur totale » : 10 000 $. • Dettes déduites (méthode des dettes échues dans l'année) : 900 + 4 800 = 5 700 $. • Total avec la première méthode : 12 800 + 3 000 − 5 700 = 10 100 $ → zakât 252,50 $. • Total avec la seconde : 12 800 + 10 000 − 5 700 = 17 100 $ → zakât 427,50 $.
Le texte : sourate Al-Ḥadîd (57), verset 7 آمِنُوا بِاللَّهِ وَرَسُولِهِ وَأَنْفِقُوا مِمَّا جَعَلَكُمْ مُسْتَخْلَفِينَ فِيهِ ۖ فَالَّذِينَ آمَنُوا مِنْكُمْ وَأَنْفَقُوا لَهُمْ أَجْرٌ كَبِيرٌ ﴿٧﴾
Sens : « Croyez en Allah et en Son Messager, et dépensez de ce dont Il vous a fait les dépositaires. Ceux d'entre vous qui croient et dépensent auront une grande récompense. » Le mot « moustakhlafîna » (dépositaires, successeurs) rappelle que l'argent sur votre compte vous est confié : il est passé par d'autres avant vous et passera à d'autres après vous.
Texte arabe : Tanzil Quran Text (Simple, version 1.0.2), © 2008-2010 Tanzil.net, licence Creative Commons Attribution 3.0, reproduit sans modification (http://tanzil.net). Chaque verset est sur sa ligne, suivi de son numéro ; la basmala, que le fichier Tanzil place au début du premier verset, est écrite sur sa propre ligne.
Comprendre la leçon
Explication Les formes de la richesse ont changé, mais le principe reste le même : la zakât porte sur ce que vous possédez et qui peut croître. Un solde bancaire, une action, une créance sont des formes modernes de l'or et de l'argent d'autrefois. Les difficultés viennent surtout de deux points. Les actions : vous possédez une part d'une entreprise, et les savants distinguent celui qui achète pour revendre (un commerçant) de celui qui garde pour le revenu (un associé). Les dettes : les écoles anciennes divergeaient déjà, et l'endettement moderne (hypothèques, prêts longs) a obligé les savants contemporains à préciser, le plus souvent en ne déduisant que ce qui est dû dans l'année. Cette leçon montre aussi que la zakât ne « blanchit » pas un bien illicite : les intérêts reçus, ou une action dans une activité interdite, posent une autre question, celle de la licéité.
Les leçons à en tirer • Faire chaque année la liste de tous vos comptes, y compris les comptes oubliés et les devises étrangères. • Noter l'argent prêté et à qui : c'est aussi un bien soumis à la zakât. • Pour vos placements, savoir s'ils sont à court ou à long terme, et demander à votre fournisseur s'il publie un ratio de zakât. • Ne déduire que les dettes que l'avis suivi permet de déduire. • Écarter les intérêts reçus selon l'avis de l'imam, sans les compter comme zakât.
À retenir • Billets et soldes bancaires = même statut que l'or et l'argent : 2,5 %. • Créance sûre : zakât due ; créance douteuse : pas avant récupération [À VÉRIFIER]. • Actions à revendre : 2,5 % de la valeur de marché ; actions de long terme : sur la part zakatable [À VÉRIFIER]. • Dettes : déduites selon les hanafites et hanbalites ; pour les dettes longues, souvent seulement la part de l'année [À VÉRIFIER]. • Payer la zakât ne rend pas licite un revenu interdit.
Le message principal Votre compte en banque, vos placements et l'argent que l'on vous doit sont des dépôts d'Allah : comptez-les tous, déduisez ce qui est vraiment dû, et payez-en le droit chaque année.
Carte 1 sur 7
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