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Unité : Comprendre la zakât
La zakât de l'or et de l'argent, le verset de la thésaurisation (9:34-35), comment compter l'or de 18 ou 22 carats, et la grande divergence sur les bijoux portés, avec un exemple chiffré en dollars canadiens.
L'or et l'argent : la règle de base L'or et l'argent sont soumis à la zakât par le Coran (9:34-35), la Sunna et l'accord des savants, quelle que soit leur forme : lingots, pièces, objets. Le taux est de 2,5 % quand le nisâb (85 g d'or, 595 g d'argent) est atteint et que l'année est passée. Le Prophète ﷺ a dit : « Il n'est pas de propriétaire d'or ou d'argent qui n'en acquitte pas le droit sans que, le Jour de la Résurrection, on lui en fasse des plaques de feu… » (Muslim 987).
Compter l'or qui n'est pas pur Le nisâb s'entend en or pur. Pour un bijou, on calcule l'or pur qu'il contient : • 24 carats ≈ 99,9 % d'or ; 22 carats ≈ 91,7 % ; 18 carats ≈ 75 % ; 14 carats ≈ 58,5 % ; 10 carats ≈ 41,7 %. • Exemple : un bracelet de 40 g en 18 carats contient 40 × 0,75 = 30 g d'or pur. Les pierres précieuses (diamants, perles) ne sont pas soumises à la zakât en elles-mêmes, sauf si elles sont des marchandises destinées à la vente (leçon 5).
Les bijoux portés : une divergence ancienne La question est de savoir si les bijoux en or ou en argent qu'une femme porte habituellement, dans des quantités usuelles, sont soumis à la zakât. • Premier avis, celui de l'école hanafite et de savants contemporains : oui, la zakât est due sur les bijoux portés, dès que le nisâb est atteint. Arguments : le caractère général des versets et des hadiths sur l'or et l'argent ; le hadith de la femme venue avec sa fille qui portait deux gros bracelets d'or, à qui le Prophète ﷺ demanda si elle en payait la zakât (Abou Dâwoud 1563) [À VÉRIFIER : numéro et degré] ; et d'autres récits proches attribués à 'Âïcha et à Oumm Salama [À VÉRIFIER]. • Deuxième avis, celui des écoles malikite, chafi'ite et hanbalite : non, les bijoux licites portés pour la parure ne sont pas soumis à la zakât, comme les vêtements. Arguments : ils sont utilisés, comme un bien personnel, et non gardés pour faire croître la richesse ; des compagnons, dont 'Âïcha, Ibn 'Oumar et Jâbir, ne la payaient pas sur les bijoux de leurs proches, selon des récits rapportés par Mâlik et d'autres [À VÉRIFIER : attributions]. • Les deux avis s'accordent sur plusieurs points : les bijoux gardés comme épargne ou placement, ceux qui ne sont presque jamais portés, ceux qui dépassent largement l'usage habituel, et l'or des hommes (qui leur est interdit en parure) sont soumis à la zakât [À VÉRIFIER : limites précises selon les écoles]. • Certains conseillent, par précaution, de payer la zakât sur les bijoux portés, pour sortir de la divergence ; d'autres rappellent que suivre l'avis des trois écoles est tout à fait légitime. [À VÉRIFIER : présentation pour l'imam et avis enseigné au centre]
Exemple chiffré (prix fictif : or à 130 $ CA le gramme) Salma possède : • des bijoux en 22 carats qu'elle porte régulièrement : 70 g, soit 70 × 0,917 ≈ 64,2 g d'or pur ; • des pièces d'or achetées comme épargne : 30 g d'or pur ; • 5 000 $ d'économies. Selon le premier avis : or total 64,2 + 30 = 94,2 g, soit 94,2 × 130 ≈ 12 246 $ ; avec l'épargne, 17 246 $ ; zakât : 17 246 × 2,5 % ≈ 431 $. Selon le second avis : on ne compte que les pièces (30 × 130 = 3 900 $) et l'épargne (5 000 $), soit 8 900 $. Ce total dépasse le nisâb de l'argent (892,50 $ au prix fictif de 1,50 $/g) : zakât 8 900 × 2,5 % = 222,50 $. Mais il n'atteint pas le nisâb de l'or (11 050 $) : avec ce seuil, rien n'est dû. Cet exemple montre que deux questions se croisent : les bijoux, et le seuil choisi. D'où l'importance de demander l'avis de l'imam une fois, puis de s'y tenir chaque année.
L'argent (le métal) et les objets Les objets en or ou en argent qui ne sont pas des bijoux (vaisselle, décorations) sont soumis à la zakât selon tous les avis, puisque leur usage est d'ailleurs interdit ou réprouvé pour la vaisselle (Bukhari 5426, Muslim 2067) [À VÉRIFIER : numéro].
Le texte : sourate At-Tawba (9), versets 34 à 35 ۞ يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا إِنَّ كَثِيرًا مِنَ الْأَحْبَارِ وَالرُّهْبَانِ لَيَأْكُلُونَ أَمْوَالَ النَّاسِ بِالْبَاطِلِ وَيَصُدُّونَ عَنْ سَبِيلِ اللَّهِ ۗ وَالَّذِينَ يَكْنِزُونَ الذَّهَبَ وَالْفِضَّةَ وَلَا يُنْفِقُونَهَا فِي سَبِيلِ اللَّهِ فَبَشِّرْهُمْ بِعَذَابٍ أَلِيمٍ ﴿٣٤﴾ يَوْمَ يُحْمَىٰ عَلَيْهَا فِي نَارِ جَهَنَّمَ فَتُكْوَىٰ بِهَا جِبَاهُهُمْ وَجُنُوبُهُمْ وَظُهُورُهُمْ ۖ هَٰذَا مَا كَنَزْتُمْ لِأَنْفُسِكُمْ فَذُوقُوا مَا كُنْتُمْ تَكْنِزُونَ ﴿٣٥﴾
Sens : « Ô vous qui croyez ! Beaucoup de rabbins et de moines mangent les biens des gens injustement et détournent du chemin d'Allah. Et ceux qui thésaurisent l'or et l'argent et ne les dépensent pas dans le chemin d'Allah, annonce-leur un châtiment douloureux, le jour où ces métaux seront chauffés dans le feu de l'Enfer, et que leurs fronts, leurs flancs et leurs dos en seront marqués : voici ce que vous avez thésaurisé pour vous-mêmes ; goûtez donc ce que vous thésaurisiez. » Ibn 'Oumar a expliqué que le bien dont la zakât est payée n'est pas un « trésor » (kanz) au sens de ce verset [À VÉRIFIER : source].
Texte arabe : Tanzil Quran Text (Simple, version 1.0.2), © 2008-2010 Tanzil.net, licence Creative Commons Attribution 3.0, reproduit sans modification (http://tanzil.net). Chaque verset est sur sa ligne, suivi de son numéro ; la basmala, que le fichier Tanzil place au début du premier verset, est écrite sur sa propre ligne.
Comprendre la leçon
Explication L'or et l'argent sont la forme la plus ancienne de la richesse épargnée : c'est pourquoi le Coran les nomme. La menace du verset 9:34-35 ne vise pas le fait de posséder de l'or, mais le fait de le garder sans en donner le droit. Payer la zakât est ce qui transforme une épargne licite en un bien béni. La question des bijoux montre comment fonctionne la divergence en droit musulman. Les deux avis partent des mêmes sources : l'un s'attache au caractère général des textes sur l'or, l'autre à la distinction entre ce qui est utilisé et ce qui est épargné. Aucun des deux n'est une invention ; chacun est porté par des écoles et des savants reconnus. Le croyant suit l'avis de l'imam ou de l'école qu'il suit, sans mépriser l'autre. Les calculs pratiques (carats, poids, prix du jour) sont simples une fois compris : on ramène tout en grammes d'or pur, puis en dollars.
Les leçons à en tirer • Faire l'inventaire de l'or et de l'argent de la famille : bijoux, pièces, objets, avec leur poids et leur carat. • Distinguer clairement ce qui est porté et ce qui est épargne. • Se renseigner sur le prix du gramme le jour de zakât. • Choisir un avis avec l'imam, puis l'appliquer avec constance. • Ne pas thésauriser : une épargne doit garder un but (maison, études, mariage, aide aux proches).
À retenir • Or et argent soumis à la zakât : 9:34-35, Muslim 987. • On compte l'or pur : 22 carats ≈ 91,7 %, 18 carats ≈ 75 %. • Les pierres précieuses ne sont pas soumises en elles-mêmes, sauf marchandises. • Bijoux portés : dus selon l'école hanafite ; non dus selon les trois autres écoles [À VÉRIFIER]. • Bijoux d'épargne, or des hommes, objets en or ou en argent : dus selon tous.
Le message principal Posséder de l'or n'est pas un mal ; le garder sans en rendre le droit l'est : comptez-le avec précision et suivez avec constance l'avis que l'imam vous a expliqué.
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